L’exposition « Pour un musée en Palestine » a été inaugurée, avant-hier, vendredi, à l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris, une année après celle d’une sélection d’œuvres de la collection de solidarité du futur Musée d’art moderne et contemporain de Palestine.

Le vernissage s’est déroulé en présence du président de l’IMA, Jack Lang, et de l’ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco Elias Sanbar, qui avaient signé tous les deux, le 16 octobre 2015, un partenariat pour œuvrer à la création en Palestine d’un Musée d’art moderne et contemporain. «Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Pour le site où sera érigé le musée, nous sommes dans la phase de repérage de l’assiette et nous avons besoin entre 3 000 et 5 000 m2 », a précisé Elias Sanbar à la presse, indiquant que le projet « avance pas à pas », malgré sa vulnérabilité. Les premiers contacts avec de grands architectes ont été noués, a-t-il indiqué, pour envisager les modalités de leurs contributions, soulignant que les premières réponses sont « positives et encourageantes ». Pour sa part, Jack Lang a exprimé la fierté de l’IMA d’accueillir cette exposition, intitulée « Nous aussi, nous aimons l’art », en attendant de regagner la Palestine rapporte l’APS. Dans l’édition 2018 ouverte au public du 10 mars au 13 mai à l’IMA, seulement 20% de la collection du musée sont exposés, dont notamment l’œuvre de l’artiste égyptien Hamed Abdalla (Al-Thawra/Révolution, 1968), Louis Cane (Nativite, 2008), Anne-Marie Filiaire-Kalandia, (Palestine, 2004) et Robert Lapoujade (La Foule). La cheville ouvrière de cette exposition, inspirée par un poème de Mahmoud Darwish « Nous aussi, nous aimons la vie », est Ernest Pignon, un artiste plasticien qui avait joué un rôle important dans la campagne « Artistes du monde » contre l’apartheid. La collection du futur Musée d’art moderne et contemporain fera l’objet d’expositions itinérantes en Europe et dans le monde, et une partie des recettes sera versée à l’Association d’art moderne et contemporain de la Palestine. Inspiré par le « Musée de l’exil », créé dans les années 1980 par des artistes internationaux pour dénoncer l’apartheid en Afrique du Sud, le musée porté par l’IMA se veut celui pour la Palestine parce qu’il renferme une collection solidaire constituée de dons qui atteint actuellement 340 pièces, répertoriés et conservées pour le moment par l’IMA. La collection est gérée par l’Association d’art moderne et contemporain en Palestine, en attendant, comme l’a expliqué l’ambassadeur palestinien, de transférer le musée à Al-Qods, capitale de la Palestine. Par ailleurs, l’Institut du monde arabe (IMA) a concocté pour l’année 2018 un programme et des activités aussi riches que variées pour engager concrètement son ambitieuse politique de renaissance et de renouveau permanent. C’est à ce titre que son président Jack Lang a tenu, mardi passé, une conférence de presse pour parler de sa vision nouvelle de la vocation de l’institution qu’il dirige déjà depuis cinq ans. Cette « pleine renaissance » commence par la rénovation du bâtiment et de la renaissance des célèbres moucharabiehs (systèmes de ventilation naturelle et traditionnelle utilisés dans des pays arabes) et en même temps par le renouveau « permanent » de la programmation de ses activités qui doit être en prise sur le monde arabe contemporain, ses acteurs et ses créateurs.n