C’est l’embellie. Le secteur de l’énergie, au niveau mondial, enregistre de bonnes performances, ces dernières semaines, et les pays producteurs de pétrole et de gaz se frottent les mains. Le constat est là. Il suffit de lire les analyses des experts et les chiffres donnés par les marchés pour être établi sur ce qui est appelé une sortie de crise.
Ici, il faut s’arrêter un peu pour être édifié sur le cas de l’Algérie, un pays dépendant encore et toujours de son pétrole et de son gaz. Il est donc question de rentrées d’argent et de renflouement des caisses de l’Etat. Une situation qui est loin d’être nouvelle. Il suffit de se remémorer ce qui s’est passé au début des années 2000 et les milliards engrangés grâce au pétrole. Les responsables actuels du pays ont donc une chance inouïe de ne pas refaire les mêmes erreurs. Savoir dépenser l’argent qui va être récolté est la première chose à faire. Certes, c’est trop facile à dire et à écrire, mais il faut bien le rappeler et le préciser. Les plans macroéconomiques distillés dans les discours et les palabres inféconds n’ont plus de place dans l’Algérie de 2021. Il est indispensable de redonner l’espoir aux citoyens pour espérer s’en sortir avec les dégâts incommensurables de la gestion d’avant le Hirak et ceux subis avec la crise multiforme suscitée par la Covid-19.
Quand il s’agit de redonner espoir c’est surtout préparer l’avenir, proche et lointain, pour ne pas être rattrapé par les vieux démons, dont le pays paye encore les conséquences. Pour ceux qui ne veulent pas regarder la réalité en face, il faut bien qu’ils sachent que la situation interne est loin d’être reluisante. Les vagues, quasiment quotidiennes, de harraga qui quittent les côtes dans l’espoir de se retrouver sous des cieux plus cléments ne sont pas des mirages. S’il fallait trouver un véritable indicateur sur la désespérance des Algériens (et pas uniquement des jeunes), il suffit juste de regarder le flot des embarcations quittant les rivages du pays. Le désespoir n’est pas une vue de l’esprit. Les grandes espérances du mouvement du 22 février 2019 se sont transformées en grandes illusions. La pandémie ne peut pas être la seule explication. Trop facile comme bouc émissaire. La sortie de crise entonnée partout est un énième rendez-vous avec l’histoire qu’il ne faut pas rater.