Par Milina Kouaci
Mécontents de leur exclusion des examens professionnels et des concours pour la promotion du personnel de la santé, les attachés de laboratoire comptent se mobiliser, sous la bannière de la Coordination nationale des syndicats de la santé, dans le cas où ils ne seraient pas réhabilités dans leur droit de participer au concours de promotion.
Ils sont 900 attachés de laboratoire qui expriment leur «désapprobation» conséquemment à leur exclusion des concours pour la promotion du personnel de la santé. Selon Youcef Boudjelal, secrétaire général du Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP), le ministère de la Santé, le Directeur central chargé du contentieux et affaires juridiques, Directeur central des ressources humaines, la Direction de la Fonction publique ainsi que le ministère du Travail afin de rendre justice à cette corporation, ont été saisis. Pour M. Boudjelal, «il est injuste de priver des centaines de professionnels de leur droit à la promotion», soulignant que les biologistes avaient exposé ce problème en mars dernier à l’Inspecteur général du ministère de la Santé, à la commission de dialogue avec le partenaire social, mais le syndicat n’a reçu aucune réponse de sa tutelle. «On aspirait à ce que la tutelle se mobilise pour trouver une solution à cette catégorie, mais rien n’a été fait alors que le concours de promotion sera organisé en fin d’année ou au début de 2022», regrette notre interlocuteur. Au cours de la semaine prochaine, le syndicat compte saisir le Premier ministère ainsi que la Présidence pour «rendre justice» aux attachés de laboratoire. «Si aucune suite n’est donnée à nos doléances, on déposera un préavis de grève au niveau du ministère de la Santé», met en garde M. Boudjelal. Ce dernier a expliqué, par la même occasion, que les attachés de laboratoire ont un grade unique, depuis la promulgation, en 2011, du décret relatif au statut particulier des biologistes de santé publique. Les biologistes exigent ainsi, une dérogation pour que cette corporation puisse participer à l’examen professionnel de la promotion. «Afin de trouver une solution, la tutelle doit accorder une dérogation pour que les attachés bénéficient d’une promotion», a fait savoir M. Boudjelal, lequel a tenu à dire qu’il est «injuste de priver» des centaines de professionnels de leur droit à la promotion, estimant qu’un débrayage s’impose si ces professionnels demeurent exclus du concours de promotion. Il fait savoir que les six autres syndicats constituant la Coordination nationale des syndicats de la santé publique ont exprimé leur «disposition» à participer aux actions de protestations afin que les attachés de laboratoire arrachent leur droit d’accès au concours de promotion. Cette coordination représente, estime notre interlocuteur, 100 000 professionnels de santé publique. Ladite coordination est constituée de sage-femmes, d’auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation, de médecins spécialistes, de biologistes, de professeurs d’enseignement paramédical, d’infirmiers et de médecins généralistes. S’agissant de la situation sanitaire, le docteur en microbiologie estime qu’elle est «stable et sous contrôle». Mais pour faire face à une quatrième vague, la tutelle doit approvisionner les établissements de santé en réactifs de tests RT-PCR, oxygène et médicaments prescrits pour le traitement contre le coronavirus. En dépit de la décrue, le docteur en microbiologie prône pour l’obligation vaccinale. «Il faut instaurer l’obligation vaccinale ou exiger le pass sanitaire au moins, dans l’espace public, comme cela se fait ailleurs dans le monde», demande M. Boudjelal, d’autant que le pays n’est pas à l’abri d’une 4e vague. Pour lui, les cas de contaminations pourraient repartir à la hausse avec l’apparition de la grippe saisonnière. <