C’est un cri de détresse lancé, hier, par les travailleurs de plusieurs filiales du Groupe ETRHB en tenant un sit-in devant le siège de la centrale syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) pour attirer l’attention quant à la situation «critique et délicate» dans laquelle ils se retrouvent.
Ces derniers alertent quant au «non-versement des salaires depuis le mois de juillet 2019, de l’arrêt total des activités de chantier, des usines et centres de production, de la perte de plans de charge suite aux résiliations en chaîne de plusieurs contrats de travaux». Les protestataires alertent, par ailleurs, sur le devenir des travailleurs du groupe en l’absence de visibilité de l’avenir de l’entreprise et la perte des postes de travail directs. La crise du Groupe ETRHB dans ses différentes filiales s’accentue d’un jour à l’autre. Le groupe connaît une saignée après le départ des ouvriers qui avaient un contrat CDD.
«Le groupe ETRHB est passé de 15 000 ouvriers en 2015 à uniquement 6 000 en juillet dernier», ont-ils indiqué. Des représentants du syndicat du groupe affilié à l’UGTA ont été reçus par le secrétaire général de la centrale syndicale, qui s’est engagé à «résoudre les problèmes du groupe, notamment le versement de salaires dans les plus brefs délais». Aujourd’hui, une commission du Groupe retourne à l’UGTA pour «débattre de la continuité de l’entreprise et en vue de préparer un rapport à soumettre au Premier ministère».
Ce qui irrite davantage les travailleurs est l’administrateur qui n’a pas rassuré le personnel quant à l’avenir de l’entreprise. «La désignation d’un administrateur, censé assurer la continuité de la gestion du groupe, n’a servi à rien à l’ETRHB», dénonce un chef de projet rencontré sur place. Ce dernier rappelle qu’en août dernier, un comité intersectoriel ad-hoc, institué par Noureddine Bedoui, avait convenu de la nécessité de la désignation d’administrateurs qualifiés pour assurer la continuité de la gestion des entreprises privées, objet de mesures conservatoires.
«Effectivement, Larbi Remili a été désigné administrateur du groupe ETRHB, mais son installation n’a fait qu’aggraver la situation car il est resté de marbre», ajoute ce cadre du groupe. «Remili était chargé de superviser les activités de l’entreprise, de contrôler les flux financiers et les approvisionnements dans le cadre des mesures d’urgences prises par le gouvernement, conformément aux lois et réglementation en vigueur, pour sauvegarder le groupe, dont le patron Ali Haddad est incarcéré depuis avril dernier», ajoute un autre. «Deux mois après l’incarcération de Ali Haddad, le groupe ETRHB a fait l’objet du gel de ses avoirs et comptes bancaires, ce qui a fait que le fonctionnement du groupe a cessé au vu qu’aucun paiement de salaires ou autre dépense n’a été fait», ajoute un autre.
C’est dans ce sens que des représentants du syndicat UGTA du Groupe ETRHB diovent rencontrer aujourd’hui le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed pour lui «exposer la situation désastreuse de l’entreprise, et l’inertie d’un administrateur qui ne se présente pas ni n’a réuni les cadres de l’entreprises depuis sa prise de fonctions. Les travailleurs s’attendent à une décision politique pour débloquer la situation et sauvegarder des milliers d’emplois».
Pour rappel, le 10 janvier dernier, le syndicat UGTA du Groupe ETRHB a saisi le président Abdelmadjid Tebboune dans une lettre ouverte dans laquelle il dénonçait «la situation du Groupe qu’il qualifie de «désastreuse» notamment depuis juillet dernier.