Que sait-on à ce jour de la campagne de vaccination anti-Covid, en Algérie, qui a débuté officiellement le 30 janvier dernier ? Finalement, très peu de choses. En deux mois, les données précises peuvent être présentées en deux chiffres. Le premier concerne le nombre de doses de vaccin obtenues à ce jour. Officiellement, l’Algérie en a reçu exactement 300 000, de trois sources différentes. Un quota russe, avec les 50 000 vaccins Sputnik V. Un autre de 50 000 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca. La quantité la plus importante reçue à ce jour est 200 000 doses, et il s’agit d’un don de la Chine.
Il reste les nombreuses promesses lancées par les officiels au sujet des prochaines livraisons, mais rien de concret jusqu’à maintenant.
Le second chiffre en relation avec la campagne de vaccination concerne le nombre de personnes ayant pu « bénéficier » des 300 000 doses disponibles. Il est question de 0,17% de la population. Un taux donné par le Pr Mohamed Yousfi, chef de service d’hématologie et infectieux à l’hôpital de Blida.
Ici, un point essentiel est touché, celui de la communication. Effectivement, le 0,17% n’émane pas du ministère de la Santé ni d’un autre organisme officiel en relation avec la lutte contre la pandémie. C’est que les responsables du secteur ont totalement négligé, il y a quelques semaines déjà, l’aspect communicationnel. Ils se contentent du bilan quotidien des contaminations et rien sur la campagne de vaccination.
Une omission que ne peut justifier la maîtrise actuelle de la situation épidémique dans le pays. La Covid-19 ne se conjugue pas encore au passé. Il suffit de voir ce qui se passe sous d’autres cieux pour s’apercevoir que le danger est toujours là, omniprésent.
Cette attitude de non-communication n’augure rien de bon. Elle vient conforter la démobilisation constatée partout en Algérie par rapport au respect des gestes barrières. Les risques sont toujours là. Les nombreux variants de la Covid-19 restent des inconnus pour les spécialistes, et leurs effets ne sont toujours pas maîtrisés.
Devant cette ambiance « désinvolte », la meilleure attitude à faire pour se prémunir, reste le respect des gestes barrières.