La quatrième réunion ministérielle de l’Opep et des pays non-membres de l’Opep a décidé que les pays s’efforceront de respecter le niveau global de conformité, volontairement ajusté à 100%, à compter du 1er juillet 2018 pour la durée restante de l’accord.

Réunis hier à Vienne, les 14 pays de l’Opep et leurs dix partenaires (des producteurs hors Opep) se sont mis d’accord sur une augmentation de leur production d’environ 1 million de barils/jour, 757.000 barils/jour, selon le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni. Ce dernier a relevé que le taux de conformité des engagements pris par les pays Opep et non-Opep ayant conclu, en décembre 2016, l’accord de baisse de production de 1,8 millions de barils a atteint des sommets : 152% en 2018, soit 52% de plus que l’objectif inscrit dans le cadre de cet accord. 52%, c’est l’équivalent de 757 000 barils/jour, un volume que les pays Opep et non-Opep s’interdisaient de mettre sur le marché, car, ils devaient souscrire à l’accord de décembre 2016. Maintenant, ils peuvent le faire, l’accord dégagé hier à Vienne les y autorise. Et selon lui, il s’agit d’un accord « satisfaisant » qui agrée tous les membres de l’Opep et qui sauvegarde aussi bien les intérêts des consommateurs que ceux des producteurs. Et d’ajouter : « Nous sommes très contents de cet accord qui marque la stabilité de notre organisation et qui assure l’équilibre entre l’offre et la demande. L’accord a été possible grâce notamment aux efforts menés par l’Algérie durant ces deux derniers jours pour rapprocher les points de vue entre les membres de l’organisation, en particulier l’Iran et l’Arabie saoudite. Nous avons aussi discuté avec nos frères koweitiens et irakiens, ainsi qu’avec nos amis vénézuéliens pour qu’ils puissent rapprocher leurs points de vue, et c’est ce qui a été fait ». Cette quatrième réunion ministérielle de l’opep et des pays non membres de l’Opep s’est tenue sous la présidence du Président de l’organisation pétrolière, Suhail Mohamed Al Mazrouei, ministre de l’Energie et de l’Industrie des Emirats arabes unis et Alexander Novak, ministre de l’Energie de la Fédération de Russie. Il a été rappelé lors de cette rencontre la résolution de la 171ème conférence de l’Opep conclue le 30 novembre 2016 pour un ajustement de production de 1,2 million de barils par jour (Mb / j) pour les pays membres de l’Opep, avec la participation des principaux pays non membres de l’Opep, y compris la Fédération de Russie pour un ajustement de la production de 0,6 mb / j. De même, il a été rappelé la décision du 10 décembre 2016 ainsi que le fait que les pays signataires de l’accord ont dépassé le niveau de conformité requis qui avait atteint 147% en mai 2018. En conséquence, la quatrième réunion ministérielle de l’Opep et des pays non membres de l’Opep a décidé que les pays s’efforceront de respecter le niveau global de conformité, volontairement ajusté à 100%, à compter du 1er juillet 2018 pour la durée restante de l’accord.
Quel impact
sur les prix ?
Lors de cette rencontre il a été décidé que la prochaine réunion ministérielle de l’Opep et des pays non membres de l’Opep se tiendra à Vienne, le 4 décembre 2018. Les deux parties semblent avancer en rangs serrés, même si du flou entoure encore l’accord conclu hier. Les Saoudiens semblent en avoir une autre conception. Pays Opep et non Opep entendent remplir collectivement l’intégralité des quotas de production qu’ils avaient décidés fin 2016 mais qui ne sont pas atteints en pratique. Selon l’Arabie saoudite, cela pourrait représenter une hausse d’environ « un million de barils par jour », un chiffre qui ne figure cependant pas dans le document officiel final sanctionnant la réunion d’hier selon certaines agences de presses. Favorables à cette hausse de production, la Russie et l’Arabie saoudite, qui craignent une envolée des cours, ont dû en particulier convaincre l’Iran, un pays hwostile à un relèvement trop marqué de la production, dont les capacités de production et d’exportation sont bridées notamment par les sanctions américaines. Mais quelle serait la conséquence de l’accord d’hier ? Ferait-il chuter les prix du pétrole ? Ces deniers ont bondi vendredi, 21 juin. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé à 75,55 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse 2,50 dollars ou 3,4% par rapport à la clôture de jeudi, 21 juin. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance, a progressé de 3,04 dollars ou 4,6% pour terminer à 68,58 dollars. Par ailleurs, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a revu à la hausse sa prévision de pétrole à 75 dollars le baril en 2018, relevant que les cours du pétrole sont en progression de près de 20 % depuis le début de l’année. Correspondant à une hausse de prix de 30% par rapport à son prix moyen en 2017 (54,79 dollars), un tel niveau de prix permettrait à bon nombre des exportateurs des pays du Golfe (Irak, Koweït, EAU, Oman, Qatar) et d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan et Ouzbékistan) d’atteindre, ou du moins de se rapprocher, de l’équilibre fiscal et extérieur, a expliqué cet organisme d’assurance dans son « Baromètre risques pays et sectoriels trimestriel » publié hier. Elle a indiqué qu’en progression de près de 20 % depuis le début l’année 2018 et de plus de 75 % depuis qu’ils ont atteint un point bas de 45 dollars en 2017, les cours du pétrole brut Brent ont, en mai 2018, dépassé les 80 dollars, estimant qu’il s’agit de leur niveau le plus haut depuis la fin de l’année 2014. <