Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a réagi, hier, sans le dire explicitement, aux doléances exprimées par les responsables du Rassemblement national démocratique (RND) sur les conditions de déroulement des élections sénatoriales du
29 décembre dernier, marquées par la victoire du Front de libération nationale (FLN).

« La moralisation de la vie publique et la lutte contre le phénomène d’achat de consciences aux élections, y compris celles du Conseil de la Nation, sera menée sans relâche par toutes les instances compétentes et, plus particulièrement, l’autorité judiciaire », a déclaré le ministre qui répondait aux questions des députés sur le projet de loi, modifiant et complétant la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.
Relevant l’existence de la volonté politique des autorités de lutter contre la corruption, M. Louh a noté que « la lutte contre la corruption, amorcée depuis des années, était plus intense lors des précédentes élections du Conseil de la Nation, qui se sont déroulées dans le respect de la loi et en toute transparence ».
M. Louh a souligné, par la même occasion, « la justice à travers les tribunaux administratifs ont fait annuler plusieurs attributions et concessions faites à des responsables et à leurs enfants». « Ces avantages leur avaient été octroyés de manière illégale », a-t-il, précisé, avant d’enchaîner en disant avoir constaté « qu’un directeur, en somme un fonctionnaire, un travailleur, paye deux fois plus d’impôts qu’une personnalité très connue sur la scène nationale ».
Questionné au sortir de l’Hémicycle sur l’identité des personnes auxquelles il faisait allusion, Louh s’est voulu intransigeant. « Ne vous attendez pas à ce que je réponde aux questions liées aux affaires en justice. Je ne peux pas le faire puisque celles-ci touchent au respect de l’autorité judiciaire et au droit à la présomption d’innocence», a-t-il indiqué. Il soutiendra, par la suite, que la justice
« est ferme dans les affaires de corruption et personne n’est au-dessus de la loi ». Avant d’assurer que « personne ne peut entraver le travail des magistrats et de la justice, que ce soit lors des dernières élections sénatoriales ou lors des prochains rendez-vous électoraux ». Revenant encore une fois sur les rapports de certaines organisations non gouvernementales (ONG), qui classent l’Algérie parmi les pays les plus corrompus, Louh a soutenu « qu’importe ce qu’ils disent. Leurs rapports ne nous intéressent pas, parce que ce qui est important pour l’Algérie, c’est l’évaluation de nos lois par le mécanisme onusien de lutte contre la corruption». «Lors de ces rencontres, nous avons toujours mis l’accent sur la nécessité de faire pression sur les Etats qui profitent des revenus de la corruption, encouragent ce fléau et aident à sa propagation», a-t-il fait remarquer, avant de soutenir que l’Algérie « est soucieuse du respect des délais concernant la présentation de son rapport devant les Pairs, dans le cadre de la conférence des Etats parties à la Convention des Nations unies contre la corruption ». Toujours à propos de ces ONG, Louh fait observer qu’elles « disent que le débat sur ce projet de loi a été programmé à la va-vite en raison de la visite du rapporteur onusien, alors que cette loi était en préparation depuis longtemps ».
Evoquant l’évolution de la lutte contre la corruption durant les mandats du président de la République Abdelaziz Bouteflika, le ministre de la Justice a noté que « nul n’a osé les réformes entreprises sur instruction du président de la République concernant la lutte contre la corruption», relevant que les lois et les dispositions juridiques adoptées dans ce domaine ont prouvé le courage et la volonté du Président à éradiquer ce phénomène ravageur».
«La corruption ne sert pas la démocratie, encore moins notre économie. Telle est la conviction de
nos hauts responsables, à leur tête le président Bouteflika», a-t-il enfin fait observer.<