Confrontées à d’inextricables problèmes financiers, un nombre important de micro-entreprises créées dans le cadre de l’ex-Ansej n’arrivent plus à s’en sortir. Elles sont 220 000 à être menacées de disparition.

Un scénario qui pourrait être évité après l’annonce du Directeur général de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entreprenariat (Anade, nouvelle dénomination de l’ANSEJ après sa réorganisation en novembre 2020), Mohamed Chérif Bouaoud, de l’adoption de nouvelles procédures visant à échelonner les dettes de ces entreprises et à effacer les pénalités de retard afin qu’elles puissent redémarrer leurs activités. Le responsable qui s’exprimait, hier, sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I, a expliqué à propos des dettes des micro-entreprises qu’une évaluation menée au niveau de l’Anade (Agence nationale d’appui et de développement de l’entreprenariat) avant sa création, c’est-à-dire au cours du mois de juin dernier, avait conclu que le taux de remboursement des dettes dues par les micro-entreprises, depuis la création de l’Ansej en 1997 et jusqu’en 2010, était de 80%. «Parfois des remboursements anticipés des dettes ont été effectués», a-t-il confié. «Mais depuis, la tendance s’est inversée au point où jusqu’en juin 2020 environ 70% des entreprises, soit l’équivalent de 220 000 d’entre elles, n’arrivent plus à honorer leurs dettes», fait remarquer le Directeur général de l’Anade. Non sans faire savoir que ces dernières sont confrontées à des difficultés extrêmes pour rembourser des dettes qui s’élèvent, selon lui, à 172 milliards de dinars. Cela, en raison de la faiblesse de leurs fonds propres, de l’absence de commandes publiques, des confinements sanitaires qui leur sont encore imposés et des lourdes charges (parmi lesquelles les loyers) qui continuent à courir en dépit de leur inactivité. Devant cet état des lieux, l’invité de la radio a annoncé que le gouvernement a pris certaines décisions et «non des moindres, puisqu’elles consistent en un rééchelonnement des dettes, l’annulation de toutes les pénalités de retard et la mise en place de mécanismes pour relancer les activités des micro-entreprises à travers l’activation de l’article 87 de la loi sur les marchés publics», a-t-il expliqué.
Cela dit, il convient de souligner à propos des micro-entreprises en difficulté qu’une étude réalisée par le ministère délégué auprès du Premier ministère chargé des Micro-entreprises révèle que 77 520 dossiers ont été déposés au niveau du Fonds de garantie des risques de crédits pour rembourser les banques, d’un montant global de près de 116,5 milliards de dinars (mds de DA). Le Fonds a régularisé 22 576 dossiers en remboursant près de 27,5 mds de DA, alors que 49 713 dossiers sont à l’étude représentant un montant de près de 82,5 mds de DA. Le document du ministère fait état du rejet de 3 017 dossiers par ce Fonds, d’une enveloppe totale de 3,8 mds de DA. Toujours dans ce même contexte de remboursement, l’étude a dévoilé que 2 214 entrepreneurs ont assuré le remboursement de leurs créances, avec un montant global de près de 2,8 mds de DA.
L’étude en question fait ressortir, par ailleurs, que 96 % des propriétaires des nouvelles entreprises ont, lors de leur création, opté pour un financement triangulaire (apport personnel-banques-Anade) avec, au final, 371 528 entreprises lancées. Pour les 4% restants, il s’agissait de financements mixtes (apport personnel-Anade) dont ont bénéficié 14 752 projets. Toujours dans ce même registre de financement, un troisième mode a été créé en octobre 2018, à savoir l’autofinancement qui a permis à 101 entreprises d’entrer en activité.
Toujours selon cette même étude, le seuil d’investissement des entreprises Anade jusqu’au 30 juin 2020, 26% d’entre elles, soit le taux le plus élevé, ont reçu un financement entre 1 et 2 millions de dinars, alors que 24% des entrepreneurs ont demandé une aide variant entre 2 et 3 millions de dinars. Enfin, 13% des porteurs de projets ont obtenu entre 3 et 4 millions de dinars de financement de la part de l’Anade. Loin derrière, avec 0,1% des entreprises, on retrouve les projets avec lesquels l’agence s’est investie à hauteur de 10 millions DA, alors que 4% d’entre elles ont requis une enveloppe financière entre 9 et 10 millions DA et 2% ont demandé un apport entre 8 et 9 millions DA.
Une convention de retraitement des créances ainsi que des agios réservés éligibles à l’efficacement, nés des crédits accordés aux promoteurs Ansej, antérieurement au mois de mars 2011, a été signée en septembre dernier entre les banques publiques, l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) et la Caisse nationale d’assurance chômage (Cnec). Cette décision intervient suite à l’appel du Collectif d’appui à la micro-entreprise (CAME) qui réclame en priorité à ce que la loi sur les transactions publiques, qui accorde 20% des commandes aux micro-entreprises, soit appliquée à la lettre car c’est leur seul source de gain pour se maintenir en activité.