Le secteur de l’Education nationale continue de retenir l’attention et d’alimenter les débats, et aussi bien les parents d’élèves que le corps enseignant restent accrochés à la décision que devra rendre le Comité scientifique quant à une reprise des écoles, prévue initialement pour le 4 octobre avant d’être reportée pour des raisons de prévention sanitaire contre le coronavirus.

La décision finale que prendront les autorités ainsi que la fixation de la date dépend fortement de l’appréciation du Comité scientifique, à tel point qu’il y a confusion et qu’il est dit que c’est lui qui décide de la date, alors que ses membres rappellent à chaque fois qu’ils ont certes leur mot à dire pour la reprise de tel ou tel secteur, mais que ce ne sont pas eux qui fixent la date. «La décision pour une reprise est multiple, mais la date est du ressort des autorités. Au Comité scientifique, on étudie la situation épidémique du pays sur laquelle on se base pour dire qu’il peut y avoir reprise ou non. Le Comité s’assure aussi que le protocole sanitaire a été adopté et qu’il sera appliqué», a expliqué Dr Bekkat Berkani, membre du Comité de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus. «La décision est multiple : sanitaire, administrative et politique et se prend en concertation», a-t-il ajouté.
Selon les déclarations tout le long de la semaine dernière, aussi bien du ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, que des membres du Comité scientifique, dont Dr Bekkat Berkani ou encore Dr Djamel Fourar (porte-parole du Comité scientifique), il est clair que l’on ne s’achemine pas vers une rentrée des classes de suite. A ce propos, le Pr Fourar avait laissé entendre que la reprise pourrait même être repoussée au début de novembre. Confirmant qu’«il n’y aura probablement pas de rentrée scolaire le 4 octobre», il a indiqué que celle-ci aura lieu «si la baisse des contaminations se poursuit et quand toutes les conditions seront réunies», estimant que «la rentrée scolaire pourrait avoir lieu probablement vers la fin d’octobre ou au début de novembre», expliquant cela par le fait qu’«on ne puisse pas prendre le risque d’ouvrir les écoles juste pour ouvrir». «On est en train d’étudier la situation au Comité scientifique et ne veut pas prendre le risque de mettre en péril la santé des enfants. On ne veut pas aller à l’aventure et on préfère préserver la santé des élèves et du corps de l’éducation nationale avant tout».
Le Comité scientifique présente son rapport aujourd’hui en Conseil des ministres
Des nouvelles pourraient parvenir aujourd’hui, puisque le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait donné instruction au ministre de la Santé dimanche dernier, lors du Conseil des ministres, d’élaborer un rapport sur ce sujet. Le rapport devra être présenté aujourd’hui en Conseil des ministres et concerne «la rentrée scolaire et universitaire (…) sur une éventuelle reprise des cours dans les secteurs de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l’Enseignement et de la Formation professionnels, en collaboration avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de coronavirus».
A ce propos, le ministre de la Santé a affirmé que son département s’est réuni avec les représentants du ministère de l’Education nationale. «Ils nous ont communiqué les chiffres du secteur, suite à quoi nous leur avons demandé de partager la classe en groupes du matin et de l’après-midi, comme nous avons insisté sur le respect du port du masque et de la distanciation physique au sein de tous les établissements scolaires», a fait savoir le Pr Benbouzid.
Il convient de rappeler, par ailleurs, que le Chef de l’Etat avait évoqué la possibilité qu’il n’y ait pas une date nationale de reprise des écoles, mais que celle-ci pourrait être décidée par régions, en fonction de la situation épidémique enregistrée localement. Une éventualité que le Dr Bekkat Berkani a confirmée. «La décision sera prise d’abord par rapport au Comité scientifique qui, lui, prend les données régionales et wilayales de la situation épidémique de Covid-19. Il y a ensuite la décision administrative, qu’il ne faut pas confondre avec la décision politique et c’est une décision locale, c’est-à-dire au niveau des wilayas», a-t-il dit.
«S’il y a des wilayas qui ont un nombre de cas de coronavirus équivalent à zéro depuis des semaines, il leur sera permis d’effectuer la rentrée scolaire en veillant à l’applicabilité du protocole sanitaire au niveau des établissements», a fait savoir dans une récente déclaration à Reporters Dr Bekkat Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins. Une déclaration que le ministre de la Santé a appuyée dans d’autres termes, soulignant que «la décision revient au ministère de l’Education nationale», mais qu’elle sera «prise en concertation avec le ministère de la Santé et avec l’aval du Chef de l’Etat qui supervise l’évolution de situation épidémique dans le pays».
Quoi qu’il en soit, le rapport du Comité scientifique demandé par le Président est très attendu, sachant que c’est sur la base de ses conclusions que pourra être fixée une date pour la rentrée scolaire.