La Cour d’Alger a reporté d’une semaine l’ouverture du procès en appel de «l’affaire» Kouninef. Une mesure décidée hier suite à la contamination par le virus de la Covid-19 de «plusieurs avocats de la défense», a-t-il été précisé par une dépêche de l’APS. Ce nouveau report intervient par ailleurs après une précédente décision du même genre, le 2 décembre dernier. Un report à la demande des avocats de la défense en raison de «la constitution de nouveaux avocats dans l’affaire».
Ainsi, le dossier Kouninef devrait ainsi avoir lieu le mercredi 23 décembre. Pour rappel, le jugement en première instance, en septembre dernier, au Tribunal de Sidi M’hamed avait condamné les trois frères Réda, Abdelkader-Karim et Tarek-Noah Kouninef à des peines allant de 12 à 20 ans de prison ferme, la saisie des biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ainsi que des amendes de 8 millions de dinars chacun. Leur sœur, Souad-Nour Kouninef, toujours en fuite à l’étranger, a, quant à elle, été condamnée à 20 ans de prison ferme, avec la saisie des biens à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et une amende de 8 millions de dinars en plus d’un ordre du tribunal en vue du lancement d’un mandat d’arrêt international.
L’affaire, principalement liée à la corruption, a retenu les chefs d’accusation de «trafic d’influence», «blanchiment d’argent», «obtention d’indus avantages», «détournement de fonciers et de concessions» et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics». Des faits qui auraient entraîné de très importantes pertes au Trésor public, «plus de 260 milliards de dinars algériens, dont 186 milliards de dinars dus aux crédits injustifiés, octroyés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de dinars aux indus privilèges obtenus par le même groupe», avait ainsi fait savoir le Procureur. Les accusés, placés en détention dès le mois d’avril 2019, sont connus pour leur proximité avec l’ancien système politique, l’activité du groupe économique qu’ils dirigeaient KouGC avait, en ce sens, été scruté par la justice et le gérant Keddour Ben Tahar condamné à 8 ans de prison ferme. Quant aux complicités établies par le procès en première instance, il s’était agi essentiellement de cadres des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, des Ressources en eau, de l’Energie et des Télécommunications ainsi que d’autres secteurs où le groupe KouGC a obtenu des marchés. Les prévenus ont en ce sens été condamnés à des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme et à des amendes allant de 200 000 dinars à 1million de dinars.