La Tunisie est en difficulté financière et plusieurs secteurs productifs, dont celui des hydrocarbures, qui soutenaient la croissance déclinent aujourd’hui. En effet, la production pétrolière est passée de 80 000 barils par jour, en 2010, à 40 000 barils par jour, en 2016.

Elle a, en fait, diminué jusqu’à 46,2 mille barils, contre 53,5 mille barils en 2015, soit une baisse de 12%. Comme si cela ne suffisait pas, des entreprises pétrolières étrangères, installées dans le pays depuis plusieurs années pour certaines d’entre elles, lui ont tourné le dos. Il est facile d’établir un lien de cause à effet entre la déplétion de la production et le départ de ces sociétés. Opérant dans un environnement peu propice à l’investissement en raison de contestations sociales, entre autres, les compagnies étrangères n’ont pas fait contre mauvaise fortune bon cœur. Elles ont plutôt préféré quitté le pays dans un contexte où celui-ci aurait le plus besoins d’elles. Petrofac, par exemple, dans une déclaration à l’hebdomadaire Réalité, avait expliqué qu’elle partait à cause des protestations continues de ses ouvriers, constituant un premier obstacle à la production. L’affaire de Petrofac n’est pas close, malgré l’accord signé, en septembre 2016, pour empêcher la société de quitter définitivement le pays. S’ajoute à cette affaire celle de la société canadienne Winstar, active dans la production pétrolière dans la région de Choucha dans le gouvernorat de Tataouine. Winstar avait subitement arrêté ses activités et renvoyé ses ouvriers, sans aucun préavis, selon le secrétaire général de l’Union régionale de l’UGTT à Tataouine, Bechir Saïdin, cité par la publication. Il a précisé que trois réunions ont eu lieu, en présence du ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi, et ont abouti à un accord pour que la société reprenne progressivement ses activités. Cette société emploie 53 ouvriers et produit environ 200 barils par jour, malgré la baisse de la production. Le plus important à savoir est que Winstar n’est pas, aujourd’hui, la seule société à ne pas cacher sa volonté de quitter la Tunisie. Le pays risque de perdre d’autres sociétés souffrant, actuellement, de crises financières engendrées par la baisse des revenus. A Tataouine, il s’agit, au total, de six entreprises pétrolières, employant environ 2 500 ouvriers. Leur départ aurait un impact social lourd, notamment dans une région parmi les plus touchées par le chômage. Avec un flux accru de sociétés pétrolières partantes, un réel problème se pose sur le plan économique, plus précisément dans la stratégie qui serait menée par le gouvernement dans la compensation de cette régression des investissements. Un problème social se pose également quant aux milliers de chômeurs nouveaux en raison de ces départs et viendront revendiquer d’être employés. Evidemment, la Tunisie a besoin d’un appui efficace de pays amis, dont l’Algérie, pour développer son secteur pétrolier et mettre en œuvre son programme économique. Engluée dans cette crise, elle fait face à des difficultés d’approvisionnement en gaz. D’ailleurs, il était attendu que le pays renouvelle son accord avec l’Algérie concernant le gaz naturel. C’est ce qu’avait indiqué, il y a quelques semaines, Hela Cheikhrouhou, la ministre tunisienne de l’Energie et des Mines. Un renouvellement qui allait se faire à travers la renégociation de certains termes du contrat conformément à la taille de la demande et aux réalités actuelles du marché gazier..