Même s’il reste près de trois mois avant la fin de 2020, la facture de cette année des finances publiques sera salée. Sur ce constat, il n’y a aucun doute. Essentiellement, les « coupables » sont deux crises, sanitaire et pétrolière. Un jumelage dont les conséquences sur l’Algérie sont très négatives. La Covid-19 a ainsi ralenti l’activité économique du pays et, au bout, il y a une baisse conséquente de la fiscalité ordinaire. Aussi, la chute des cours du brut sur le marché mondial a fait fondre les revenus de la fiscalité pétrolière.
D’où les grandes difficultés dans lesquelles se retrouve l’exécutif dans l’élaboration, à court et à long terme, de ses projets.
L’avant-projet de loi de finances 2021, examiné la semaine dernière en Conseil des ministres, donne une idée des obstacles qu’aura à contourner l’équipe de Abdelaziz Djerad.
Donc, comment trouver de nouvelles recettes ? La solution la plus facile est l’élaboration de nouvelles impositions. Certes, c’est valable mais loin d’être suffisant. Toutefois, il serait intéressant de connaître ce qu’aura apporté l’impôt sur la fortune introduit dans la LF 2020. Son application sur le terrain et ses éventuels bons « résultats » sont, sans aucun doute, un repère déterminant dans les nouvelles relations en gestation entre les gouvernants et les gouvernés. L’impact de cette forme de justice sociale sera capital dans toute sortie de crise escomptée.
La double baisse de fiscalité est une occasion également de mettre en avant les idées innovantes, et dans tous les secteurs. Ne plus se contenter des recettes pétrolières est devenue, au fil des années, synonyme de langue de bois. Elle est d’autant vraie que le temps n’a fait que confirmer cette «sentence ».
Il est plus que nécessaire de faire impliquer, pas la majorité, mais tout le monde, dans un processus de sauvetage du pays. Une stabilité économique reste l’un des principaux remparts devant tous les dangers qui entourent l’Algérie. Mieux encore, les stratégies nationales ne peuvent plus se dissocier de la conquête de nouveaux espaces en dehors des frontières. Le soft-power algérien peut commencer d’ores et déjà par l’Afrique.