De nombreux hôpitaux sont en train de préparer à nouveau les services de coronavirus afin de pouvoir accueillir les malades après une augmentation des cas de Covid-19. Ils ont reçu instruction de la tutelle d’être prêts pour faire face à toute éventualité d’évolution de la pandémie, avons-nous appris auprès du Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus.

C’est lors d’une réunion tenue samedi au siège du ministère de la Santé avec les responsables des établissements sanitaires de la capitale que l’instruction a été donnée. «Le ministre a réuni les directeurs d’hôpitaux en prévision d’une éventuelle hausse des cas de coronavirus et, par conséquent, d’une demande accrue du nombre de lits d’hospitalisation», a déclaré Dr Bekkat Berkani. Il s’agit donc d’une réaffectation de plusieurs services dans les hôpitaux de la capitale, à l’instar du Centre hospitalo-universitaire Mustapha-Bacha, de l’hôpital Nafissa-Hamoud, de Beni Messous, et autres.
Les mesures d’ordre logistique et organisationnel à (re) mettre en place dans les structures de santé qui ont connu une relative accalmie, qui n’aura duré qu’un peu plus d’un mois, ont été discutées afin de ne pas être dépassé dans le cas où une remontée inattendue des cas de Covid-19 venait à avoir lieu. Le relâchement de la population en matière de respect de mesures de prévention a un prix. La remobilisation des services Covid-19 au niveau des hôpitaux après la hausse inquiétante des cas de contamination en est la preuve. Outre ces nouvelles décisions dans les structures de santé, d’autres pourraient intervenir comme le retour à un confinement des villes ou localités qui connaitraient un nombre de cas importants. Une éventualité que le ministre de la Santé n’a pas écartée lorsqu’il s’est exprimé sur le sujet la semaine dernière.
La peur gagne les parents d’élèves
Mais il n’y a pas que les autorités sanitaires et les professionnels de la santé qui affichent leur inquiétude quant à la hausse constante des cas de coronavirus depuis plusieurs jours. La peur a aussi gagné des parents d’élèves, et ce, alors que la rentrée scolaire vient à peine de commencer. C’est le cas de l’association des parents d’élèves de l’école primaire du village Tazrout dans la commune d’Abi Youcef dans la daïra d’Aïn El Hammam (wilaya de Tizi Ouzou) qui, après une réunion avec les autorités locales samedi, décision a été prise de fermer l’école. Le président de l’APC a déclaré qu’il a été décidé de fermer l’école «en concertation avec les parents d’élèves, le comité de ce village et l’ensemble des services de l’Etat concernés, après enregistrement de plusieurs cas soupçonnés de Covid-19, dont certains ont été confirmés positifs». L’école restera fermée «jusqu’au 4 novembre prochain pour permettre d’épuiser la période de confinement de ces personnes atteintes et permettre de renforcer les mesures de prévention», a-t-il ajouté. En outre, deux autres cas, dont l’un a été confirmé positif et l’autre en confinement chez lui, ont été enregistrés au niveau d’une autre école primaire de la commune, qui en compte sept, et dont la fermeture est «laissée à l’appréciation du comité de village et de l’association des parents d’élèves locaux», selon le même responsable.
Cela dénote ainsi que la peur est présente chez les parents d’élèves dont le souci premier n’est autre que de préserver la santé de leurs enfants. C’est une décision qui pourrait faire tache d’huile et de folles rumeurs courent déjà sur la fermeture d’autres établissements, allant jusqu’à laisser entendre que des mesures auraient déjà été prises dans ce sens par les autorités sanitaires qui auraient instruit le ministère de l’Education nationale de refermer les écoles. Ce qui a été catégoriquement démenti par Dr Bekkat Berkani. Celui-ci a soutenu qu’aucune instruction n’a été donnée dans ce sens. «Il n’a pas été question de fermer les écoles, mais seulement de préparer les services au niveau des hôpitaux», a-t-il souligné.
A propos de la fermeture de l’école du village de Tazrout, le coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, estime que le protocole sanitaire devrait préciser justement comment faire dans ce genre de situation. «Il faut que le protocole sanitaire précise aussi ce genre de cas, c’est-à-dire que s’il y a constat qu’un parent ou un membre de la famille d’un enfant qui a le Covid-19, il faut que leur enfant soit mis en isolement avec eux et ne doit pas partir à l’école pour ne pas contaminer les autres enfants. Car pourquoi fermer toute une école quand on peut isoler seulement les personnes atteintes», a-t-il déclaré.
Quoi qu’il en soit, la situation épidémiologique qui est inquiétante à plus d’un titre a pour origine le relâchement constaté presque partout. Un relâchement que tout le monde déplore mais que beaucoup appliquent bien plus que les mesures de prévention. Face à cela, il y a aussi le constat d’un certain laxisme des forces de l’ordre qui ont pourtant autorité. Il est loisible de constater que le masque dans la majorité des cas est quasiment absent et que dans le meilleur des cas, il est porté sous le menton ou pendant à l’oreille… sans parler de la distanciation physique qui n’est pas du tout respectée. Les forces de l’ordre laissent également faire les bus bondés qui transportent bien plus que leur capacité des gens sans masque et sans distanciation. C’est le même comportement dans les marchés où les gens s’agglutinent autour d’un présentoir ou autre. Pourtant la loi existe à l’encontre des contrevenants et les lois sont faites pour être respectées. Dans ce sens, le gouvernement a, dans plusieurs de ses communiqués, indiqué qu’il y aura force de loi… n