Les différents meetings et évènements politiques que les partis ont animés durant ce week-end montrent que la précampagne pour les législatives n’est déjà plus qu’une étape secondaire et que tous les états-majors partisans, dans leur majorité, ont le regard braqué sur la campagne et le moment où le chef de l’Etat, annonçant la convocation du corps électoral, fixera la date du scrutin. La machine est ainsi donc lancée et s’il y avait des indices pour le prouver, hier lors des regroupements partisans importants recensés par nos journalistes et correspondants, certains étaient particulièrement manifestes chez deux formations très différentes l’une de l’autre mais qui avaient, peu ou prou, exprimé par le passé leur prudence vis-à-vis du rendez-vous électoral du printemps prochain. Après avoir récemment lancé, lors d’une déclaration publique, la menace d’un retrait de sa candidature aux prochaines législatives « en cas de fraude et de dépassement », le Parti des travailleurs (PT) s’est par exemple, montré plus enthousiaste pour le scrutin. Sa première responsable, Louisa Hanoune est sortie du « oui mais » d’avant pour appeler à  « une participation massive (…) pour relever les défis que connaît le pays dans différents domaines et unifier les forces démocratiques véritables ». Pas de doute, donc, le PT ira aux législatives slogans et bannières au vent avec l’argument intéressant, celui entendu en tout cas hier dans le discours de Mme Hanoune, qu’il est plus utile d’être au Parlement que d’en être absent pour défendre ses idées et ceux de ses électeurs. La participation du parti à cette échéance « pas comme les autres », a-t-elle dit, «n’a pas pour seul objectif l’obtention de sièges au Parlement, mais constitue également un moyen de défendre les acquis des travailleurs et des jeunes, les libertés syndicales et l’avenir du pays ». Au FFS, une formation qui n’a toutefois pas mystère de sa participation au scrutin mais dont le discours politique global reste très critique de l’action du gouvernement et du pouvoir, la stratégie a affirmé hier un de ses cadres à Boumerdès, est de « repolitiser » le corps social algérien qui a tourné le dos à la chose politique, selon ce parti, et de faire des législatives un terrain de promotion de son projet de « consensus national » et de relance du « contrat démocratique » pour lequel il se bat depuis des décennies. Les deux formations qu’on vient de citer ne sont pas sur la même ligne politique ni ne poursuivent les mêmes objectifs. Les déclarations qu’elles ont tenues hier à propos de leur participation aux législatives indiquent un choix selon lequel l’abstention ou le boycott seraient de loin le plus mauvais pour mobiliser leurs troupes respectives et souffler en elles la dynamique nécessaire pour croire à la politique et au changement auquel leurs électeurs aspirent. Si ces deux partis importants le disent ainsi, chacun à sa façon, les formations islamistes, elles, vont plus loin en choisissant l’option de l’alliance et des listes communes…. Ce sera dur pour les formations qui ont choisi d’êtres absentes à ces élections de faire entendre leurs voix dans un contexte désormais marqué par la tendance à la participation et à la conviction qu’il s’agit d’un scrutin pour une législature qui aura au-delà de l’expiration en 2019 du mandat présidentiel actuel de M. Bouteflika.