C’est un agenda bien rempli que celui du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, que ce soit sur le plan interne, avec les différents chantiers mis en œuvre dont ceux de la révision de la Constitution et du dialogue, ou sur plan externe avec, notamment, la crise libyenne qui prend des proportions préoccupantes en raison des différentes répercussions qu’elle aurait sur les pays voisins.
L’Algérie signe, ainsi, son retour sur la scène politique internationale avec la participation du Président Tebboune à la Conférence internationale sur la Libye qui doit se tenir demain à Berlin, suite à l’invitation officielle que lui a adressée la chancelière allemande Angela Merkel la semaine écoulée.
Cette première sortie à l’étranger qu’effectue M. Tebboune intervient après plusieurs années de disette en matière de sortie à l’international d’un président algérien, ce qui, de toute évidence, replace le pays sur l’échiquier international qu’il a déserté après la non-disponibilité de l’ex-Président en raison de sa maladie. La participation de M. Tebboune à une telle rencontre internationale sur un pays voisin en proie à une instabilité chronique est de nature à donner un écho à la réactivation de la diplomatie algérienne qui s’est éclipsée ces dernières années.
On se rappelle, d’ailleurs, que l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, dès son élection en 1999, avait commencé par se recentrer sur le plan international et a donné un véritable coup de fouet à la politique extérieure durant les premières années de son règne. Affaibli par un accident vasculaire cérébral en 2013, qui l’avait tenu hospitalisé pour une durée de trois mois, il n’avait plus effectué, depuis, un déplacement à l’étranger dans le cadre de ses fonctions de président de la République. Le dossier libyen était alors confié au ministre des Affaires étrangères. Ainsi, l’ex-président déchu s’était énormément investi sur le plan international, notamment durant les premières années de sa présidence, en prenant part à différentes rencontres internationales (traitant notamment des volets sécuritaire et économique), alors que le pays sortait d’une décennie fort douloureuse qui l’avait énormément fragilisé sur les plans sécuritaire, économique et social.
Aujourd’hui, l’Algérie se retrouve également face à une crise interne, avec ses conséquences économiques et sociales, pouvant être aggravées par la crise externe qu’est la situation libyenne avec ses répercussions sur le plan sécuritaire des pays voisins. D’où, s’occuper très sérieusement du dossier libyen et s’impliquer dans la crise qui secoue ce pays est de la plus haute importance pour l’Algérie : il s’agit d’un problème de sécurité nationale.
Le Président Tebboune l’avait fait savoir dès son investiture, il y a un mois, en donnant à la crise libyenne une importance particulière dans sa politique extérieure. Il avait affirmé que «l’Algérie est concernée par la stabilité de la Libye» et qu’«elle déploiera davantage d’efforts en faveur de sa stabilité et de la préservation de l’unité de son peuple et de son intégrité territoriale», avant d’appeler «tous les frères libyens à la réunification des rangs, au dépassement des divergences et au rejet de toute ingérence étrangère, qui ne fait que les éloigner les uns des autres et entraver la réalisation de leur objectif de construire une Libye unie, stable et prospère». La participation de M. Tebboune à la Conférence internationale de Berlin pour un règlement de la crise libyenne revêt un caractère fort important pour la politique algérienne, à tel point qu’il a dû revoir son agenda et avancer d’une journée le Conseil des ministres qui devait se tenir demain.
Des observateurs estiment que la communication dont fait preuve le chef de l’Etat sur le plan externe, en recevant un véritable ballet diplomatique durant ces deux dernières semaines, peut avoir un impact positif sur le plan interne. En effet, la première sortie qu’il effectuera demain à l’international intervient au moment où il multiplie également la communication sur le plan interne. Outre le fait qu’il a initié de nombreux chantiers qu’il suit personnellement de très près, dont celui de la révision de la Constitution, il a, par ailleurs, tenu des rencontres avec différentes personnalités nationales et chefs de partis en vue de les consulter sur la situation globale du pays et de recueillir leurs propositions pour les amendements de la Loi fondamentale.
Mais pas seulement. Le monde de la presse et des médias n’est pas en reste. Comme promis lors de sa campagne électorale et au lendemain de son élection, M. Tebboune prévoit de recevoir, mardi prochain, au siège de la présidence de la République, une délégation de directeurs et responsables de médias publics et privés. Parmi ses «54 engagements pour une nouvelle République», il avait promis «une presse
libre, plurielle, indépendante et respectueuse des règles de professionnalisme, de l’éthique et de la déontologie, érigée en vecteur de l’exercice démocratique et protégée de toute forme de dérive». <