Par NAZIM B. ET Leila ZAIMI
La disparition dans des conditions tragiques du petit Yanis, enterré lundi, n’a pas manqué de reposer de nouveau la question de la protection des enfants victimes, ces dernières années, d’une série de meurtres.
Le réseau Nada pour la Défense des droits de l’enfant a pointé «la responsabilité parentale» et celle des décideurs politiques qui sont censés œuvrer à «garantir un espace public de nature à servir de lieu sûr pour les enfants». Le président de réseau Nada, Abderrahmane Arar, indigné par le sort réservé au petit Yanis, n’épargne pas les parents qui semblent avoir «failli à leur responsabilité de veiller à protéger l’enfant de tous les maux».
Il y a la responsabilité parentale dans ce dernier cas, regrette le responsable, qui s’interroge sur les raisons qui font qu’un enfant, de surcroît autiste, puisse être sans suivi de ses parents dans les alentours du lieu de résidence. Mais plus que la responsabilité des parents, M. Arar ne charge pas moins les autorités, notamment la sphère chargée de garantir un espace public où les enfants et d’autres catégories puissent évoluer sereinement sans risque de subir une quelconque agression.
«L’espace public, son aménagement, son organisation et sa sécurisation sont importants dans la vie d’une société», a relevé M. Arar, qui pointe «une faille énorme» sur ce plan invitant les responsables au niveau des collectivités locales et des directions qui ont pour mission de réunir les meilleures conditions pour un véritable «vivre-ensemble» à se pencher sur cette question.
Le rapt d’enfants en baisse
Sur le kidnapping des enfants, le premier responsable du réseau Nada a fait état d’une tendance à la baisse comparativement à la côte d’alerte d’il y a quelques années. Mais cela «ne doit pas signifier que nous vivons à l’abri de ce phénomène dans la mesure où les causes sont toujours là». Qu’est-ce qui a fait que le nombre d’enlèvements soit à la baisse ces dernières années ? «Je confirme que les tentatives d’enlèvement ont baissé considérablement et ce, depuis 2016. Les raisons de la baisse de ce phénomène peuvent être expliquées notamment par la maîtrise et le renforcement du plan sécuritaire», a-t-il confié à Reporters. Relevant que les chiffres «montrent une baisse très importante depuis quatre ans», M. Arar ajoute que cela est dû, «selon notre suivi et nos investigations au renforcement du plan sécuritaire dans plusieurs régions».
M. Arar a indiqué, par la même occasion, avoir «enregistré 19 tentatives d’enlèvement et un décès en 2020, sans compter bien entendu le cas de Yanis dont nous n’avons pas encore l’affirmation s’il s’agit d’un enlèvement ou pas». Ce chiffre est en sensible baisse comparativement à celui de 2012 quand nous avions enregistré pas moins de 220 cas de tentatives, souligne M. Arar, pour qui «ce n’est pas une raison de baisser la garde ou d’abandonner le travail de sensibilisation».
Il faut noter que l’Algérie s’est dotée récemment d’une loi portant la protection et la lutte contre les crimes d’enlèvement. Criminalisant toutes les formes d’enlèvement, cette loi s’inscrit dans le cadre de l’adaptation permanente de la législation nationale à l’évolution des formes des crimes d’enlèvement qui constituent une atteinte à la sécurité publique.
Ce texte qui englobe 54 articles prévoit des peines sévères allant jusqu’à la perpétuité ou la peine capitale selon la gravité du crime commis et ses répercussions, outre une amende allant jusqu’à 2 millions DA.