Alors que la crise des liquidités va en s’aggravant, le directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, a appelé, hier, à faire de la Bourse un pilier de la nouvelle politique de financement du nouveau plan de relance économique. Il a déploré à la même occasion que les précédentes politiques de financement soient axées essentiellement sur les banques. Ce pourquoi le marché boursier algérien est resté des années durant à un niveau de capitalisation pour le moins faible et digne des bourses les plus inactives de la région. Comparé à celle de la Tunisie qui pèse pour 10 milliards de dollars, le niveau capitalisation à la Bourse d’Alger est de 450 milliards dinars seulement avec, sur le marché, 5 sociétés en cotation seulement. Pour rompre avec cette situation de léthargie dans laquelle sombrait la Bourse d’Alger, son directeur général appelle le gouvernement à reprendre à son compte le projet d’introduire huit entreprises publiques au marché de cotation afin de créer la dynamique tant recherchée, voire un effet d’entrainement au niveau du secteur privé. Le projet remonte à 2015, au lendemain du choc pétrolier de 2014, voyant les liquidités amorcer une importante dégringolade, le gouvernement avait pour ambition d’introduire 8 des entreprises publiques, tous secteurs confondus, en Bourse, aux fins de ranimer le marché et en faire un moyen de financement en complément des crédits bancaires. Le contexte actuel n’est pas loin de l’épisode vécu en 2015-2016. La baisse actuelle des liquidités pourrait servir d’un tremplin pour le développement du marché boursier. D’autant plus, d’après Yazid Benmouhoub, le marché financier offre plusieurs avantages, notamment en matière fiscale, avec des exonérations d’impôts sur les bénéfices accordés par l’Etat jusqu’à l’année 2023 pour toutes les entreprises qui sollicitent des fonds. « Nous gagnerons à mettre sur le marché boursier certaines entreprises publiques et reprendre celles qui avaient figuré sur le projet de 2013 afin de montrer le chemin pour d’autres sociétés », a-t-il suggéré sur les ondes de la radio algérienne, tout en faisant observer que le recours à ce moyen de financement pérenne va soutenir la croissance et préserver les emplois ainsi que ces entreprises. Le projet portait sur l’introduction en bourse de certaines grosses cylindrées du secteur public, dont le Crédit populaire d’Algérie (CPA), la compagnie d’assurance CAAR, Cosider Carrières, GICA, Mobilis… La concrétisation de ce projet permettra, d’après lui, de susciter la confiance auprès des épargnants et, par la même, éponger progressivement les capitaux dormants du secteur informel. Par ailleurs, la Bourse d’Alger travaille sur un autre projet qui consiste à créer un compartiment boursier dédié aux startups. Il s’agit, plus précisément, de mettre en place les conditions d’accès simplifiées au marché boursier au profit des startups. Selon Yazid Benmouhoub, le projet a été finalisé et transmis aux autorités. Le compartiment dédié aux startups est bâti sur des conditions « beaucoup plus simplifiées » que celles mises en place pour le marché des PME, tout en précisant que des « barrières ont été prévues pour garantir la protection de l’argent des épargnants ». L’introduction des startups au niveau de la Bourse se fera, souhaite Yazid Benmouhoub, à travers notamment le fonds d’investissement créé en octobre 2020. Celui-ci pourrait envisager son retrait du capital des startups en sollicitant le marché boursier. Le DG de la Bourse d’Alger dit que son institution travaille également sur un autre projet ; celui de mettre en place un système de cotation digitale. Ce projet, qualifié « d’éminemment important », permettra, a-t-il mentionné, d’avoir une liquidité financière sur le marché boursier. Ce projet vise dans sa première étape la création d’une bourse virtuelle entre les intermédiaires et la Bourse d’Alger, a-t-il fait savoir. En deuxième phase, il est envisagé la création d’un « trading » et des cotations en ligne à travers les téléphones mobiles et les ordinateurs pour les actionnaires et les investisseurs, a-t-il ajouté. n