Par Milina Kouaci
Le ministère de l’Education nationale a arrêté un calendrier pour la rentrée scolaire 2021-22, qui aura lieu le 7 septembre prochain pour les élèves, le 29 août pour le personnel administratif et 1er septembre pour les enseignants à travers l’ensemble du territoire national.
Des syndicats enseignants et des parents d’élèves réagissent au rebond de la courbe épidémique par l’inquiétude, d’où la nécessité de faire vacciner le personnel enseignant en contact direct avec les 10 millions d’élèves des trois cycles de l’Education attendus dès septembre prochain sur les bancs des établissements.
D’ailleurs, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid a révélé que le Comité scientifique étudie une proposition de vaccination des enseignants au cours de la prochaine année scolaire et de faire de la carte de vaccination une condition pour enseigner. Cette question devra être tranchée par le ministère de l’Education, ajoute M. Benbouzid, qui insiste sur la vaccination pour rompre la chaîne de transmission de l’épidémie.
«Il est judicieux de faire vacciner le personnel enseignant bien que notre tutelle n’ait pas encore communiqué à ce sujet», dit Lezreg Chafik, secrétaire général du bureau local du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep) dans la wilaya de Mostaganem. Ce dernier plaide pour la mobilisation d’une commission pour vacciner les enseignants dans les écoles où ils exercent au lieu de se déplacer aux centres de soins ou espaces mobilisés pour la vaccination afin d’empêcher la propagation du coronavirus. «La recrudescence des cas de contamination à la Covid-19 nous préoccupe.»
La rentrée scolaire de l’année passée est intervenue sur fond d’un rebond de l’épidémie de coronavirus sans que les conditions préalables, telles qu’édictées dans le protocole sanitaire, élaboré par le ministère de l’Education nationale ne soient réunies pour le lancement de l’année scolaire», rappelle M. Lezreg. «Aujourd’hui, nous craignons que la prochaine rentrée scolaire intervienne dans les mêmes conditions que celle de l’année passée», ajoute notre interlocuteur.
Il réclame la libération «des écoles primaires de la gestion des Assemblées communales», pointant d’un doigt accusateur la gestion «défaillante des Assemblées communales qui ont brillé par leur absence et n’ont pas mis à notre disposition les moyens les plus rudimentaires permettant l’application du protocole sanitaire de prévention contre la Covid-19 et la garantie de la sécurité sanitaire aux travailleurs du secteur, exigeant ainsi de placer les écoles primaires sous la tutelle du ministère de l’éducation.
Le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura, estime pour sa part que le personnel enseignant qui a travaillé l’année écoulée dans des conditions «médiocres» a droit à une prime Covid-19 face au risque d’être contaminé. «Si les autorités publiques reconnaissent que les enseignants sont à l’avant-garde de la pandémie et qu’ils font face au danger de se faire contaminer, pourquoi ne pas leur octroyer une prime Covid ?» selon Boualem Amoura.
Ce dernier indique que les enseignants comme leurs concitoyens «ne rejettent pas» la vaccination en elle-même, mais éprouvent une «réticence vis-à-vis de certains vaccins qui pourraient leur être administrés». Notre interlocuteur indique, par ailleurs, que ce n’est pas uniquement le personnel enseignant qui est en contact direct avec les élèves mais aussi le personnel administratif et les proviseurs qui travaillent en parallèle et qui risquent de se faire contaminer.
Des enseignants correcteurs testés positifs à la Covid-19
L’opération de correction des copies des candidats aux épreuves du Bac 2021 se poursuit, mais risque de ne pas être clôturée dans les délais fixés, apprend-on de Boualem Amoura. Ce dernier fait savoir que des enseignants correcteurs ont été testés positif au coronavirus et renvoyés chez eux pour empêcher la propagation de l’épidémie dans le milieu scolaire.
«Ironie du sort, ce sont des enseignants des mathématiques, physique et science qui sont atteints de la Covid-19», dit M. Amoura. «Des enseignants dans différents centres de corrections ont contracté le virus et ont été renvoyés chez eux», ajoute le secrétaire général du Satef, qui prévoit ainsi, que la correction des copies d’examen accusera un retard et, par ricochet, la date de proclamation des résultats du baccalauréat sera repoussée à une date ultérieure.
Le syndicaliste met l’accent sur les «insuffisances» constatées dans les centres de correction comme le manque d’eau et d’hygiène.