Depuis près de 11 ans, il est le gardien numéro 1 de l’équipe nationale. Toutefois, Raïs M’Bolhi (35 ans) ne présente plus les mêmes garanties qu’auparavant. Comme suppléants, il y a Oukidja (33 ans) et Doukha (35 ans) appelés en permanence. L’âge avancé du trio requiert forcément le rajeunissement au poste de keeper chez les « Guerriers du Désert ». Comment se passera la passation à l’approche de rendez-vous importants comme la CAN-2021 et l’éventuelle participation à la prochaine Coupe du Monde ? Belmadi prendra-t-il le risque de changer un fusible hautement sensible ? Décryptage.

Par Mohamed Touileb
C’est la question que nombreux observateurs se posent : combien de temps M’Bolhi pourrait-il défendre sa place de numéro 1 en sélection ? Un statut qu’il a forgé depuis la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud en sortant de grosses prestations dans les matchs à enjeux. Même quand ça allait mal en club, il a toujours pu répondre présent une fois dans les cages des Verts. Toutefois, à 35 ans, les facultés physiques ne sont plus les mêmes. Et ce bien que l’admiration et la reconnaissance soient restées intactes pour un keeper qui a, à nombreuses reprises, pu prouver son mérite de porter le maillot de l’Algérie.

Oukidja en vice-président
Personne n’a pu déchoir Raïs. Même pas Alexandre Oukidja lorsqu’il enchaînait les prestations de haut niveau avec le FC Metz. Ce dernier a dû attendre mars dernier pour disputer son premier match officiel avec l’EN. Auparavant, il s’était contenté de faire 3 apparitions, toutes en amical. Fait notable, le Messin n’a jamais concédé de buts avec les Verts. Le résultat des courses pour la saison 2020-2021 avec les Grenats et de 35 matchs joués pour 38 buts pris et 9 clean sheets. En termes de compétitivité et qualité du championnat, personne dans le trio habituel de Belmadi ne fait mieux qu’Oukidja.
A partir de là, on peut penser qu’il pourrait supplanter M’Bolhi pour le poste de portier principal. D’autant plus qu’El-Khadra encaisse beaucoup trop depuis un certain temps. C’est tout de même un seul clean sheet, avec Oukidja dans les bois, sur les 5 dernières sorties pour 8 buts concédés. On est loin de la fabuleuse stat’ de la CAN-2019 quand M’Bolhi été parti chercher le ballon au fond de ses filets par deux fois seulement, dont une sur penalty. Si les gants des Fennecs se situent, présentement entre M’Bolhi et Oukidja, Doukha est, plus que jamais, un figurant dans ce concours. Même s’il joue plus souvent (23 apparitions pour 7 clean sheets et 27 buts encaissés) que M’Bolhi avec Al-Raed (Arabie saoudite). E effet, M’Bolhi n’a pris part qu’à 17 matchs avec Al-Ettifaq ne gardant son périmètre inviolé qu’à 4 reprises pour 24 buts concédés. Celui qui avait réussi 10 parades lors d’Allemagne – Algérie au Mondial 2014 a notamment eu un début de rupture des ligaments qui lui a fait rater 11 sorties. Il y a aussi les soucis physiques à prendre en compte.

La prospection débute avec Medjadel
Par ailleurs, quand on met la concurrence et les échéances à court terme de côté, surgit le problème de relève tant les habituels sélectionnés ont tous dépassé la trentaine. La marge de longévité est en faveur d’Oukidja qui compte deux années de moins que Doukha et M’Bolhi. C’est plus que jamais le moment d’initier un héritier pour le poste afin qu’il prenne la relève dans 2 ou 3 ans tant la transition dans ce poste sensible doit être « douce ». Belmadi et son staff croient avoir déniché un gardien à potentiel. Il s’agit d’Abderrahmane Medjadel (23 ans) qui joue à l’Olympique Médéa. Un club qui a concédé 20 buts en 22 sorties en championnat. Quand on considère cette stat’, on peut aussi penser que des portiers comme Chamseddine Rahmani (CS Constantine/30 ans/16 buts concédés) et Oussama Benbot (JS Kabylie/26 ans/15 buts pris) pourraient prétendre au casting. En tout cas, pour Belmadi, il y aura la mission de trouver le successeur de Raïs qui devra raccrocher tôt ou tard. Les alternatives devront être fiables et imperméable.