Djamel Belmadi a bien préparé son argumentaire car il savait qu’il allait devoir faire preuve de persuasion pour expliquer certains choix dans sa liste pour le mois de novembre. La conférence de presse qu’il a animée hier au Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa a été marquée par la révélation sur le dossier Aït Nouri.
Aussi, durant son face-à-face avec les journalistes, le coach de l’EN a évoqué les deux prochains adversaires des «Verts», à savoir le Mali et la Suède, en amical, et l’arrivée de Mehdi Léris ainsi que les choix techniques qu’il a faits dans les différents compartiments. Notamment pour ce qui est des gardiens et de l’attaque. Extraits.

Par Mohamed Touileb
C’est certainement le point marquant de la conférence de presse, hier, de Djamel Belmadi. La question sur les binationaux était inévitable sachant que les noms d’Aouar et Aït Nouri reviennent souvent ces derniers temps. Et c’est le deuxième nommé qui est finalement le plus près de rejoindre «El-Khadra».
Ainsi, le coach de l’Algérie a assuré que le latéral gauche «a changé de nationalité sportive, c’est acquis depuis 3, 4 jours», en précisant que «ceux qui disaient qu’Aït Nouri allait venir en novembre n’avaient pas la bonne information. Il ne pouvait pas venir pour ce stage pour des raisons privées et profondes, qui sont anciennes». En outre, Belmadi a noté que «c’est un processus qui a débuté en octobre 2019» et que les deux parties ont attendu le bon moment pour se décider puisqu’il s’agit de l’avenir international d’un footballeur prometteur et qui a 21 ans.

Chaïbi est un «Fennec»
Toujours avec les jeunes prometteurs, il y a Farès Chaïbi qui n’est finalement pas sur la liste. Le Toulouse FC, son employeur, l’a bloqué. D’un côté, le club juge qu’il n’est pas obligé de libérer son joueur pour une date FIFA exceptionnelle pour la Coupe du monde 2022. D’un autre, la Fédération algérienne de football (FAF) n’aurait pas respecté les délais pour contracter le Téfécé et envoyer la pré-convocation.
Toutefois, le milieu offensif de 20 ans a assuré à Belmadi qu’il a opté pour l’Algérie. Belmadi note même que «Chaibi aurait pu être dans les listes des jeunes de la France mais a choisi l’Algérie» tout en mentionnant que «pour lui, il n’y a pas de nationalité à changer. Il est déjà engagé avec nous, il me l’a dit à moi et à son club. Il a 19 ans, qu’on le laisse progresser».
Léris et l’atout polyvalence
Toujours dans les nouveautés, mais celles concrètes et actées, on évoquera Mehdi Léris. Le pensionnaire de la Sampdoria est convoqué pour le rassemblement qui débute aujourd’hui. Belmadi estime que «Mehdi Léris est un joueur qui a un parcours un peu spécial. Il a évolué en France avant de partir en Italie dans différents centres de formation. Il est polyvalent, a joué hier tantôt piston gauche tantôt piston droit, peut jouer milieu… etc.».
Ce sera un peu le couteau-suisse en sélection. «Comme pour Bennacer, dont le rôle a un peu évolué avec nous, et qui en a tiré profit. On cherche à savoir où les éléments peuvent être le plus à l’aise. C’est une bonne chose d’avoir Mehdi Léris», assure le successeur de Rabah Madjer.

Aribi, une défense sans conviction
Sur la liste de novembre, on retrouve aussi Karim Aribi dont la présence peut surprendre. Mais Belmadi a une conception tout autre du rôle et de la qualité du longiligne avant-centre. Pour lui, «Karim Aribi nous rappelle, par son parcours, Bounedjah. Il est parti à Nîmes et n’y a pas joué. C’était un peu la faute de tous. Il est venu avec nous et est rentré dans une rencontre. L’EN, c’est souvent la forme du moment qui compte. Sans comparer Aribi à Benzema bien sûr, ce dernier travaille pour toute l’équipe. Un numéro 9 peut servir, apporter le relais. Bounedjah aussi apportait énormément à l’équipe par son travail. Le malheur des uns fait le bonheur des autres».
La justification est un peu tirée par les cheveux. Les arguments n’ont pas vraiment dissipé l’ambiguïté autour de cette convocation. Mais bon, choix du coach. Et on verra ça sachant que Belmadi a assuré que le fer de lance du CR Belouizdad aura du temps de jeu lors des deux prochains tests.

M’Bolhi, cas spécifique pour un «Vert» emblématique
S’il y a des nouveautés concrétisées et d’autres à venir, il y aussi les tauliers qui sont là. Parmi eux, Raïs M’Bolhi qui fait son retour après avoir été écarté en septembre dernier. S’il y a deux keepers, c’est parce que «la situation est compliquée. Il est possible que l’un d’eux ne vienne pas. Zeghba ne devait pas y être, son championnat est arrêté depuis un mois. Mais la situation est complexe», note le driver des Verts.
Pour rebondir sur Raïs, il faut savoir qu’il s’est retrouvé contraint de jouer à Al-Qadsiah FC (D2 d’Arabie saoudite). Malgré cette régression, il garde la confiance de Belmadi qui assure que «ce que je fais avec M’Bolhi, ce n’est pas du social». Selon lui, «il peut hausser son niveau». La carrière de l’emblématique dernier rempart Dz n’a pas pris le tournant escompté. «Nous sommes tous tristes qu’un joueur comme M’Bolhi joue en D2 saoudienne. Ce n’est pas son niveau. L’an passé, il a fait une erreur dans l’évaluation de sa situation. Il aurait pu rester en D1 et il s’en veut. Je lui en veux», a constaté Belmadi.
Ce dernier indique que «M’Bolhi a un tel amour pour l’EN. Il a 34 ans (il en a 36 en vrai, NDLR), ce n’est pas si vieux pour un gardien. En plus, il a toujours envie de représenter la sélection avec passion et force, pour tout ce qu’il a fait. Et je ne parle pas de 2014 mais de ce qu’il avait montré récemment. Comme contre la Tanzanie en juin». Et bien qu’il pense à la relève, le premier responsable de la barre technique de l’Algérie croit toujours en M’Bolhi qui compte 90 sélections. «On compte sur Zeghba, Mandréa, Oukidja, Gaya aussi même s’il ne joue pas assez… mais Raïs a déjà été sans club et a montré un bon niveau en sélection. C’est un élément qui a de l’expérience et ce serait dommage de s’en priver. Je lui tends la main comme il a tendu cent fois la sienne à l’Algérie». Comprenez que la barre mythique des 100 capes est atteignable pour un Raïs qui reste légitime aux yeux du coach.

La conf’ de Belmadi en vrac

Les deux matchs amicaux : «Nous n’avons pas fini par jouer contre le Mali par dépit, au dernier moment. Nous parlions depuis un certain temps avec eux, c’est une équipe forte, ils ont perdu en barrages contre la Tunisie. Le Mali a de très bons joueurs, comme Haïdara. Comme pour le match face à la Guinée, le but est d’affronter de grosses équipes pour nous habituer aux matchs africains, pour progresser. La Suède est entre la 20 et la 25e place au classement FIFA. C’est un autre style de jeu mais qui va aussi nous mettre en situation d’extrême vigilance. C’est le football européen, le football de très haut niveau, avec de gros joueurs.»
nL’appel aux supporters : «Je lance un appel. Nous sommes un peuple hyper accueillant. Je souhaite vraiment que nous respections les hymnes nationaux. Nous pouvons remplir n’importe quel stade quasiment partout dans le monde. On respecte l’hymne du Mali comme nous, nous n’aimons pas qu’on siffle le nôtre, puis l’hymne de la Suède et surtout pendant le CHAN, qui sera un test pour une éventuelle compétition en 2025.»
nSur le Mondial 2022 : «J’ai hâte que le Mondial commence, et surtout qu’il finisse, que ce sera derrière nous. Nous aurions été au Qatar comme à la maison, dommage, nous n’y serons pas. Le Qatar est un pays arabe, musulman. On leur souhaite le meilleur, un grand tournoi pour les amoureux du football. Il y aura des nouveautés à observer et apprendre».