C’était l’un des rares moments de «tension» lors de la conférence de presse tenue dimanche dernier par le sélectionneur Djamel Belmadi. Le sujet en question concernait le match traumatisant entre l’Algérie et le Cameroun joué le 29 mars dernier au stade Mustapha-Tchaker. L’issue de cette rencontre, marquée par un arbitrage controversé de Bakary Gassama, suscite toujours des réactions. Contrairement à la tendance, Yacine Brahimi a pensé que la prestation du referee n’explique pas à elle seule l’échec des Verts à se qualifier en Coupe du Monde 2022. Une sortie médiatique que le sélectionneur national ne cautionne pas.
Et cela ne rapproche pas vraiment le chemin de Brahimi de celui de l’EN.

Par Mohamed Touileb
C’est la loi dans les médias. Tout ce qu’on dit peut être retourné ou se retourner contre soi. C’est malheureusement le cas de Yacine Brahimi dont un avis franc pourrait flinguer ses chances de retrouver les «Fennecs».

Un sujet qui fait mal
Belmadi est un peu fâché. Et cela se ressent dans sa réponse sur l’avis de Brahimi. «Personnellement je n’aime pas parler d’arbitrage dans le sens où on avait les moyens de gagner. Bien sûr que l’arbitre peut parfois faire des erreurs. Mais c’est le terrain qui rend le verdict. C’est un échec pour nous. On doit le prendre (fièrement) et aller de l’avant», c’est avec ces mots que le joueur est revenu sur la désillusion de Blida le 27 octobre dernier.
En réponse, Belmadi a pensé que «les propos de Yacine n’appartiennent qu’à lui. S’il a envie de savoir ce qu’on a vécu ce soir-là, il n’a qu’à en parler avec ses coéquipiers en club (Tahrat et Belfodil présents ce soir-là NDLR) et verra s’ils sont d’accord avec son analyse». En outre, bien que l’analyse de Brahimi ressemble un peu à celle faite par Islam Slimani, le coach de l’EN a rétorqué : «ne mettez pas les propos de Slimani et ceux de Brahimi sur le même plan. Chacun est libre de ses propos. Ce que Yacine a pu dire est différent. Islam a vécu le match, il était sur le terrain». Une manière de dire que la douleur était intense tout comme la frustration qu’a engendrée la fin dramatique de ce deuxième acte contre les «Lions Indomptables».

Une franchise à préjudice ?
La sincérité de Brahimi peut lui porter un sacré préjudice. Déjà que ses chances de représenter l’EN de nouveau étaient minimes avant cet épisode. Sur le ressenti, on peut clairement penser que entraineur des «Fennecs» n’a pas franchement cautionné son constat. Pour rappel, le sociétaire d’Al-Gharafa n’a plus été retenu depuis la CAN-2021. La participation au tournoi continental, il la doit à son excellente Coupe Arabe FIFA 2021 dans laquelle il a été élu «Ballon d’Or» (meilleur joueur du tournoi).
Depuis l’épreuve camerounaise, il est tombé des plans. Même en septembre lorsqu’il semblait très en forme avec son club, il n’a pas été appelé. Justification de Belmadi : «je ne peux pas dire que Yacine Brahimi a un futur ou pas en équipe nationale. Pour l’instant, je veux voir d’autres joueurs». En résumé, il en a vu assez de Brahimi. Est-ce qu’il le relancera dans l’avenir, rien n’est moins sûr.