Clairement, le match nul de l’équipe nationale contre le Burkina Faso (1-1) au Maroc a complexifié la campagne de qualifications pour la Coupe du monde 2022 au Qatar. Les Fennecs n’ont plus le droit à l’erreur dans des éliminatoires qui semblent truffées de nouvelles variables. Le sélectionneur Djamel Belmadi a, plus que jamais, besoin de constantes pour trouver des solutions dans une équation « qualifiers » à haut degré d’importance.

Par Mohamed Touileb
Après deux journées, les Verts sont leaders de la poule « A » avec 4 points devant les Burkinabés. Ces derniers comptent le même nombre d’unités mais un goal-average (+2) inférieur à celui des Algériens (+8). Virtuellement, en l’état actuel des choses, « El-Khadra » est en ballotage favorable pour accrocher les barrages de mars prochain.
Niger, transit dangereux
Néanmoins, avant cela, il faudra bien négocier les 4 tests restants dans cette phase de groupes. A commencer par la double-confrontation face au Niger au mois d’octobre prochain. Ce transit sera dangereux dans la mesure où sa donne initiale a changé. En effet, les camarades de Riyad Mahrez devaient, dans un premier temps, se rendre de nouveau à Marrakech pour donner la réplique aux Nigériens. Cependant, la sortie a été reprogrammée pour le 12 octobre et re-domiciliée au stade du Général Seyni Kountché à Niamey. Un rebondissement important et non négligeable. Il requiert un long déplacement et de jouer sur une pelouse loin d’être propice pour que les Dz puissent développer leur jeu habituel. Par ailleurs, se produire en Afrique subsaharienne n’est pas ce qui est le plus recommandé par les organismes. On a pu voir cela contre le Zimbabwe avec les protégés de Belmadi qui avaient mené par deux fois avant de se faire rejoindre au score et terminer par un score de parité (2-2). Il y a eu des voyages compliqués en Zambie (3-3) et au Botswana (succès poussif 0-1). La 4e journée contre « Le Mena » sera celle de tous les dangers avant de se déplacer pour croiser le fer avec le Djibouti, en novembre, et, enfin, recevoir les Etalons pour une éventuelle « finale » du quatuor avec le ticket pour les barrages comme enjeu. Par ailleurs, on ne sait toujours pas où se disputera le Djibouti – Algérie. Il y a des bruits de couloir qui indiquent que les Djiboutiens songent, eux aussi, à recevoir ailleurs qu’au Maroc comme il a été convenu préalablement.

La forme des cadres préoccupe
Les données sont donc versatiles (comme cet horaire du match qui a changé à 3 reprises) et peuvent perturber l’approche psychologique du rendez-vous. En outre, au-delà de l’aspect organisation et programmation, Belmadi a besoin de retrouver des certitudes pour son effectif. Des lacunes ont été relevées lors de la dernière sortie ayant opposé les champions d’Afrique au Burkina Faso. Certains titulaires n’ont pas eu le rendement escompté alors que les remplaçants n’ont pas franchement rassuré. Le retour de Youcef Atal, qui a rejoué hier dimanche après 5 semaines d’arrêt forcé, peut donner plus de garanties sur le plan défensif et pour l’apport offensif. Il y aussi la baisse de régime d’Ismaël Bennacer, dynamo habituelle du milieu de terrain, qui inquiète au plus haut point. Pour sa part, le capitaine Riyad Mahrez connaît un début de saison poussif avec Manchester City et n’a pas la plénitude de la maîtrise footballistique qu’on lui connaît. Des petits détails qui peuvent faire basculer le sort d’une rencontre d’un côté comme de l’autre.

Blessures malvenues et arbitrage saugrenu
En outre, il y a la question de l’arbitrage qui revient souvent ces derniers temps. Viennent s’y greffer des forfaits probables pour décimer les rangs de Belmadi. On peut évoquer les possibles défections de Feghouli, Benlamri et Slimani qui pourraient faire l’impasse sur la fenêtre d’octobre. D’autres éléments risquent d’être en manque de rythme après un détour par l’infirmerie. C’est le cas de Ramy Bensebaïni, susceptible d’être court pour jouer face au Niger à l’ « aller ». Surtout qu’il n’a plus joué depuis le 27 août dernier.

Sur le papier, les Algériens restent plus forts que leurs homologues nigériens.
Après, la méfiance est de mise. Clairement, les « Guerriers du Désert » devront mener chacune des 4 batailles restantes comme si c’était un match couperet. Sur cet aspect, on peut compter sur eux après ce qu’ils ont accompli en Egypte lors de la CAN-2019, il y a un peu plus de deux ans.