Le documentaire «Dossier Labudovic» de la réalisatrice serbe Mila Turajlić, consacré au parcours de Stevan Labudovic, photographe et cameraman yougoslave, notamment décoré en Algérie en 2012 de la médaille du mérite pour son engagement, durant trois ans, dans la lutte d’Indépendance où il immortalisera les premières heures de la victoire, a été sélectionné parmi les 33 œuvres en compétition au prochain «Festival du film de Copenhague», programmé du 26 au 28 mars prochain.

La réalisatrice, qui avait notamment pris part en 2013 au Festival du film engagé d’Alger avec son précédent documentaire «Cinéma Komunist», a déclaré à la presse serbe que le passage en Algérie de Stevan Labudovic, à partir de 1959, aura été le tournant de sa vie.
Elle précise à ce sujet que «la Yougoslavie a été le premier pays européen à reconnaître l’Algérie indépendante, et Tito, en plus de les aider sous forme d’armes et d’uniformes, a également envoyé son caméraman avec pour mission de faire des enregistrements qui aideront les Algériens à présenter leur version de la guerre pour la libération (…) Stevan a été envoyé en mission pendant trois mois et il est resté en uniforme pendant trois ans, jusqu’à ce qu’il gagne la liberté».
Photographe, qui aurait ainsi réalisé près de 300 clichés en Algérie en plus de 27 séquences filmées, aujourd’hui, en partie conservés en Algérie, mais surtout à Belgrade, il est à rappeler qu’un hommage avait été rendu par l’Algérie à Stevan Labudovic, lorsque qu’il fut invité en 2014 par les Journée du film engagé d’Alger. Le photographe gardera ainsi toute sa vie un lien étroit avec l’Algérie, en créant notamment l’Association des amis de l’Algérie à Belgrade. Le militant, un des proches collaborateurs du maréchal Josip Broz Tito, restera néanmoins un personnage modeste en retrait, fera savoir la réalisatrice. Un trait de caractère qui la motivera notamment dans son travail documentaire. Elle ajoute ainsi à la presse serbe, «Stevan est décédé en 2017 et vivait jusque-là dans un modeste appartement à la périphérie de Belgrade. Il jouissait alors du statut de héros national en Algérie.
Son appareil photo et son équipement sont exposés dans la vitrine du Musée national. Le fait même que l’histoire de sa vie soit inconnue du grand public m’a davantage motivé pour démarrer ce projet».