La grève de la faim entamée par Salah Dabouz depuis lundi passé pour dénoncer ce qu’il a qualifié « d’acharnement » judiciaire contre lui et les activistes de Ghardaïa n’a pas laissé indifférents les militants et autres animateurs du mouvement de rue. Ainsi, ils sont des dizaines de militants à se solidariser avec Salah Dabouz. Sur les réseaux sociaux, ils sont plusieurs à appeler l’avocat à mettre un terme à son action, non sans apporter du soutien à son combat. « La lutte a besoin de toi vivant », résument la majorité des appels à la solidarité et de soutien au gréviste de la faim. Même si la quasi-totalité des gens qui ont réagi à l’action de l’avocat est faite de soutien et d’appel à cesser la grève, « le pouvoir peut vous laisser mourir sans état d’âme comme il l’avait fait pour le défunt Dr Fekhar », l’élan de solidarité avec Salah Dabouz n’a pas manqué de dénoncer « l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir contre les militants politiques ». Et du côté des associations et des collectifs regroupant différentes corporations, ils sont plusieurs à apporter leur soutien à l’avocat Dabouz. De son côté, l’avocat en grève de la faim s’est dit très « ému » par ces marques de sympathie et de soutien exprimées pour lui et son action de dénonciation de l’acharnement de la justice. «J’ai reçu des dizaines d’appels et de messages même de l’étranger », a-t-il dit, ajoutant que son action est d’abord politique et militante. « Nous subissons un acharnement insupportable de la part de la justice, face auquel seule une lutte sans répit pourra changer la situation ». L’avocat a ajouté qu’il ne pense pas mettre fin à son combat tant que ce qu’il dénonce est toujours de vigueur et qu’aucun responsable de cette situation n’est inquiété. Il faut rappeler que Salah Dabouz est soumis depuis le mois d’avril écoulé à un contrôle judiciaire, où il est obligé de se rendre trois fois par semaine à Ghardaïa, alors qu’il travaille à Boumerdès. Il a été arrêté dans le sillage de l’affaire dite de Kamel Eddine Fekhar et Hadj-Brahim Aouf. Salah Dabouz a été relâché grâce, notamment, à la mobilisation des avocats qui ont observé une journée de grève. Dans ses récentes déclarations, il a estimé que ce contrôle judiciaire est une manière pour la justice « de se venger » de lui et «freiner ses activités professionnelles et militantes ». Récemment, il a saisi le Rapporteur des Nations unies aux droits de l’Homme concernant son cas ainsi que les autres militants de la région.