Par Nadir Kadi
La Cour de justice d’Alger a rejeté, hier, la demande de libération déposée par les avocats de l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi. L’ex-responsable à la tête du secteur entre 2002 et 2014 est, pour rappel, incarcérée à la prison d’El-Harrach après son arrestation en 2019 et son inculpation par la Cour suprême en novembre de la même année pour les charges de «dilapidation de l’argent public», «abus de fonction» et «octroi d’avantages indus».
Demande de remise en liberté qui aurait été traitée et rejetée par le pôle financier et économique du Tribunal de Sidi M’hamed, ses avocats ont fait savoir au journal Echorouk que le placement en détention provisoire de leur cliente était entré dans «l’arbitraire». L’avocat de Khalida Toumi, Me Boudjemaâ Ghechir, avance en ce sens que la privation de liberté est «entrée dans la cadre d’une détention arbitraire (…) La loi stipule que la détention provisoire ne doit pas dépasser huit mois». Quant à la justice, elle ferait valoir, selon la même source, que de nouvelles expertises ont été ouvertes contre l’ancienne ministre de la Culture, ce qui permettrait en théorie jusqu’à quatre prolongements successifs de la période de détention provisoire.
En ce sens, il est rappelé que les accusations contre Khalida Toumi ont porté jusque-là sur son rôle dans la gestion de l’évènement «Alger, capitale de la culture arabe 2007». Par ailleurs, il apparaîtrait que dix autres dossiers seraient en cours d’expertise par la justice à propos de la gestion des évènements du ministère de la Culture, notamment la préparation d’évènement culturels «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» pour lequel il avait consacré une enveloppe de 60 milliards de dinars, avait-on fait savoir à l’époque. Quant à la ligne de défense de l’ex-ministre, il apparaît à travers des déclarations de son avocat qu’il s’agira de différencier le rôle de direction et celui du financement : Mme Khalida Toumi «n’est pas concernée d’autant qu’elle n’est pas responsable de la gestion des finances», explique ainsi son avocat, avant d’ajouter en substance que sa cliente s’est limitée à un rôle d’encadrement de l’évènement, aux côtés d’autres départements ministériels.