C’est aujourd’hui que sera connu le jugement de Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), mis en détention depuis le 26 septembre dernier pour des chefs d’inculpation d’«atteinte au moral de l’Armée et appel à un attroupement».
Ce jugement est attendu au vu de la popularité gagnée par le fougueux militant politique, depuis l’avènement du mouvement populaire, jusqu’à en devenir une de ses icônes dont la libération est constamment exigée par les manifestants. Mais au vu également de la relaxe dont a bénéficié dimanche Fodil Boumala, autre figure du mouvement populaire, jugé par le tribunal de Dar El Beïda. La relaxe de Boumala a ouvert en effet l’espoir auprès des militants et d’acteurs politiques de voir l’ancien premier secrétaire du FFS bénéficier d’une décision similaire.
Le cas de Karim Tabbou continue en effet de retenir l’attention et la curiosité des Algériens compte tenu des péripéties de son incarcération qui a eu lieu, fait inédit, à deux reprises. Depuis son arrestation le 26 septembre dernier et la décision du juge d’instruction de le mettre en détention préventive, toutes les tentatives de le libérer, même de manière provisoire, se sont avérées vaines.
Karim Tabbou, ancien premier secrétaire national du FFS, a été interpellé, une première fois, le mercredi 11 septembre, et placé, le lendemain, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa pour atteinte «au moral des troupes de l’Armée». La chambre d’accusation de la Cour de Tipasa a décidé, quelque temps après, de le remettre en liberté provisoire, en attendant la programmation de son procès. Sauf que la libération de Karim Tabbou a été de courte durée puisqu’il a été arrêté, moins de 24 heures plus tard, soit le 26 septembre dernier, pour être placé par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed en détention préventive à la prison de Koléa. Les conditions d’incarcération de Karim Tabbou à la prison d’El Harrach sont régulièrement dénoncées par ses avocats.
Dans les milieux politiques et parmi les acteurs associatifs et militants des droits de l’Homme, on espère un dénouement heureux pour Tabbou, un espoir légitimé, dit-on, par la libération de Boumala. Mais avec cependant cette appréhension renvoyant à la «notoriété» établie du parquet de Sidi M’hamed qui condamne tous ses clients, à quelques exceptions près. La relaxe, le 9 février dernier, d’une vingtaine de manifestants par le procureur adjoint du même Parquet, avant que ne soit annoncée un autre jugement, a été cet argument de plus qui justifie la méfiance qui s’installe dès qu’un accusé passe au tribunal de Sidi M’hamed.