Le confinement sanitaire appliqué depuis la mi-mars dernier n’a pas empêché l’augmentation de la consommation d’eau potable en Algérie. Celle-ci a, en effet, cru de 10% depuis le début de la crise de coronavirus, a fait savoir le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki.

« En dépit du confinement sanitaire et de l’application des mesures de lutte contre la propagation du Covid-19, à l’origine de l’arrêt du travail au niveau de différents organismes, entreprises et usines, la demande sur ce liquide vital a augmenté de 10% à l’échelle nationale », a indiqué M. Berraki, dans une déclaration à la presse, en marge d’une visite d’inspection et de travail à Boumerdès. Cette hausse est estimée « positive » par le ministre, puisqu’elle « reflète une adaptation du citoyen à cette situation sanitaire exceptionnelle », a-t-il expliqué, soulignant que cette étape particulière a été « gérée avec toute la rigueur nécessaire, par le secteur, qui a couvert tous les besoins supplémentaires enregistrés depuis le début de la crise du nouveau coronavirus à ce jour ». En dépit de la « rigueur » mise en exergue par le premier responsable du secteur, certains quartiers de la capitale ont connu des coupures d’eau récurrentes durant les deux premières semaines du Ramadhan, avons-nous constaté. Des coupures opérées parfois pendant la période d’après le ftour, c’est-à-dire dans les moments de besoin urgent d’eau par les ménages, faut-il le préciser. La crise sanitaire a, par contre, négativement impacté le plan de développement mis en place par le secteur en suspendant plusieurs de ses projets. A l’instar d’autres secteurs ayant pâtit du coronavirus, celui de l’eau a subi de plein fouet l’impact de la pandémie et « la majeure partie des projets programmés à la réalisation ont été suspendus à titre préventif », a déclaré M. Berraki. Le ministre se montrera néanmoins rassurant en ajoutant que son département a décidé « une relance prochaine », a-t-il assuré, précisant que cette relance concernera particulièrement « les projets d’urgence du secteur des ressources en eau ayant un impact direct sur la vie des citoyens, à l’échelle nationale, y compris ceux de la wilaya de Boumerdès ». Il a, à ce titre, insisté sur l’impératif de faire prévaloir la « rigueur » avec les promoteurs en charge de ces projets, assurant que le « justificatif de la pandémie du coronavirus » ne sera pas accepté concernant certains projets. « Car le secteur s’est fixé des objectifs, qu’il est tenu d’atteindre dans les délais impartis », a-t-il soutenu. Concernant les zones d’ombre, le ministre a affirmé le parachèvement du recensement des projets d’alimentation en eau potable (AEP) qui leur sont destinés et de leur programmation. « Ces projets seront parachevés vers fin 2020 ou début 2021 au plus tard, avec un financement assuré par le ministère de l’Intérieur et le Fonds national de l’eau, relevant du secteur des ressources en eau », a-t-il fait savoir. n