A une semaine du coup d’envoi de la campagne électorale des locales anticipées du 27 novembre, le président de l’ANIE a défendu bec et ongles les décisions prises par cette instance, renvoyant les mécontents, notamment le MSP et le FFS, à l’article 184 du code électoral.

PAR NAZIM B.
«Je vous garantis que toutes les décisions prises lors du processus de constitution des listes ont été l’œuvre de l’ANIE», a dit Mohamed Charfi en réaction aux critiques partisanes et d’autres prétendants, évoquant un «traitement sécuritaire» des listes dont les figurants ont été disqualifiés.
«Il faut se référer à la loi électorale qui évoque dans son article 184 les candidats qui ne peuvent être acceptés lors des élections», a jugé M. Charfi. Lequel a ajouté que le candidat, en se référant au même article, «ne doit pas être connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme ou pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales».
L’article 184 de la loi portant régime électoral, dans son septième alinéa, exige que le candidat «ne doit pas être connu du public sur son lien avec les milieux financiers et commerciaux suspects et son impact, directement et indirectement, sur le libre choix des électeurs et le bon déroulement du processus électoral».
Cependant, l’ampleur du rejet – Charfi a évoqué dans son point de presse dimanche un taux de 34%, soit 371 101 dossiers – doit logiquement inciter le gouvernement et l’ANIE à repenser un nouvel encadrement du processus électoral. Les chiffres communiqués par Charfi montrent, en effet, que plus de 3 000 candidats, sur un peu plus de 1,15 million de prétendants, ont été rejetés par l’Autorité nationale indépendante des élections pour «divers motifs».
M. Charfi a cité notamment «la proximité» des candidats concernés avec «les forces de l’argent» et en seconde position «pour avoir tenté d’influencer les électeurs», en se référant également à ce propos à l’article 184 du code électoral.
Or, à bien écouter les avis des partis politiques, ceux toujours en course comme ceux qui ont fini par abandonner, cette disposition est «pénalisante». Sans omettre, bien entendu, les contraintes qu’ont rencontrées des formations politiques à constituer des listes devant le «rejet populaire» de cette échéance électorale.
Pour preuve, 8 communes (4 à Béjaïa et 4 à Tizi Ouzou) n’ont pas eu de listes électorales. Que se passera-t-il dans ces circonscriptions qui ne seront pas dotées d’Assemblées ? «Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Il faut voir le code communal», a répondu M. Charfi. Pour les données sur lesquelles il y a peu de place pour la contradiction, le président de l’ANIE a indiqué que le corps électoral a atteint 23 717 479 électeurs, expliquant que le nombre des nouveaux inscrits sur les listes est de l’ordre de 669 902 électeurs, contre 474 742 individus radiés des listes. Dans la lecture de ces chiffres, M. Charfi a estimé qu’ils sont «ordinaires» et le fruit des raisons objectives telles que la mort, le déménagement, les doublants et les cas d’incapacité.
En ce qui concerne la présence des partis politiques dans cette échéance, le président de l’ANIE a souligné que le Front de libération nationale (FLN) arrive en tête, puisqu’il a pu présenter des candidats dans 1 242 communes à l’échelle nationale et dans 56 wilayas (APW).
L’ancien parti unique est talonné par le RND en course dans 1 073 APC et 51 Assemblées de wilaya. Le Front El-Moustakbal d’Abdelaziz Belaïd arrive en 3e position avec 788 listes APC et 50 pour les APW. Ensuite, le mouvement El-Bina engagé dans 510 communes et 46 APW, quant au MSP, il est en course dans 500 communes et 42 Assemblées de wilaya.
Le Front des forces socialistes (FFS), monté au créneau suite à la disqualification de nombreux candidats, dont une partie a été finalement réhabilitée, est présent dan 131 APC et 6 APW. n