Par MILINA KOUACI
Les assurances du ministre de l’Education nationale ne semblent pas lever l’ambiguïté qui entoure le projet de loi portant statut particulier des corps spécifiques du secteur.
Le ministre de l’Education Abdelhakim Belabed a, en effet, indiqué que le projet de loi portant statut particulier des corps spécifiques de l’Education comporte des acquis socioprofessionnels et pédagogiques à même de placer l’enseignant à des rangs supérieurs et améliorer le niveau didactique de l’élève.
Cependant, ces indications ne semblent pas assouvir la curiosité du partenaire sociale car le projet de loi ne leur est toujours pas soumis pour débat et concertation alors qu’il a été remis mercredi dernier à la Direction générale de la Fonction publique pour approbation. Entre-temps, les enseignants du cycle primaire expriment de nouveau leur attachement à l’unification de la classification des enseignants des trois cycles de l’éducation. «L’Union nationale des professeurs de l’enseignement primaire (Unpep) n’acceptera que l’unification de la classification des différents professeurs exerçant dans les trois paliers», indique ce syndicat non agréé. L’Unpep se démarque de la responsabilité de la «perturbation qui pourrait être générée et ses conséquences sur le cours de l’année scolaire», invitant ainsi le ministère à satisfaire les revendications des enseignants. «Le ministère a toutes les prérogatives et bénéficie du soutien du président de la République qui a exigé la promotion des enseignants».
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Zoubir Rouina, regrette que les syndicats n’ont toujours pas reçu une copie du projet de loi, alors qu’elle a été remise à la Direction générale de la Fonction publique. Il estime toutefois que les acquis des travailleurs se répercutent «positivement» sur les élèves, la promotion et la crédibilité de l’école publique.
S’agissant de la promotion des enseignants à des grades élevés après 10 ans de service, le CLA revendique la promotion des enseignants titulaires ayant cumulé 5 années de service effectif dans leur poste, d’être promus au grade d’enseignant principal, et l’enseignant principal ayant 5 ans de service d’être élevé au grade d’enseignant formateur. Le secrétaire général du CLA indique également qu’il ignore les mécanismes de réduction du volume horaire et de la création de postes adaptés.
S’agissant de la réforme du système éducatif, M. Rouina préconise de mettre en place un Haut conseil de l’Education pour remédier aux dysfonctionnements qui entravent le développement du système éducatif et de laisser les pédagogues et les spécialistes de l’éducation élaborer un programme en fonction des objectifs assignés à la réforme indépendamment de toutes orientations politique et idéologique pour un système éducatif performant.
S’agissant de la révision du régime indemnitaire, elle était prévisible. Comme l’a expliqué le ministre de tutelle, la promulgation d’un nouveau statut particulier est automatiquement suivie par un nouveau régime indemnitaire.
Ce qui permettra des majorations et une augmentation des salaires, qui s’ajoutent à celles approuvées récemment par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, dont le niveau annuel oscille entre 4 500 dinars et 8 500 dinars. n