Hormis le fait qu’elle reçoit 50% de son budget annuel au titre de soutien de l’Etat, l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa) a été, à l’instar d’autres entreprises de transport maritime, ferroviaire, aérien, durement impactée par les mesures de confinement mises en place depuis l’apparition de l’épidémie du coronavirus au mois de mars dernier. Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, l’Etusa a assuré son équilibre financier sans pour autant réaliser des gains dans son activité.

Cet état des lieux a été rapporté par le Directeur général de l’Etusa Karim Yacine jeudi dernier devant la Commission des transports et des télécommunications de l’Assemblée populaire nationale (APN). Le Directeur général a, par ailleurs, rappelé à la commission que suite à la quarantaine imposée, 58% des travailleurs de l’entreprise, soit 2 200 sur un total de 3 800, ont été mis en congé. «Le personnel maintenu en service sont pour l’essentiel les chauffeurs afin de suppléer à l’absence du transport privé sur certaines lignes à forte densité de voyageurs, et bien entendu le personnel chargé de l’entretien et du nettoyage des bus», a-t-il confié. Comme ce dernier a souligné qu’en dépit du manque à gagner provoqué par les mesures de confinement «cela n’a pas empêché notre établissement d’investir là où le besoin se fait sentir pour le bon fonctionnement de notre établissement». Dans ce cadre, il a cité en exemple que l’Etusa «souffre d’un manque de garages pour pouvoir entreposer ces bus à l’arrêt mais sans retour financier, car dans l’attente de leur révision, dès lors où leur compteur affiche une distance parcourue de 1 300 000 km». Poursuivant dans ce sens : «Ces mises à l’arrêt des bus dans des entrepôts inappropriés, car les garages de Hussein Dey, El-Harrach et Oued Smar sont saturés, fait perdre à l’entreprise pas moins de 30 millions DA par an d’où l’intérêt d’investir pour combler le besoin en garage.» Toujours dans le registre de l’investissement, le Directeur général a fait savoir que «les besoins du Grand-Alger en matière de transport urbain et suburbain sont estimés à 2 000 nouveaux bus». Toujours dans ce même ordre d’idées, Karim Yacine a avancé que «ces acquisitions sont rendues nécessaires pour deux raisons évidentes». Pour le détail, le Directeur général a expliqué : «La moyenne d’âge du parc roulant est de 9 années, d’autant que l’entreprise exploite 118 lignes après avoir couvert les nouveaux sites d’habitation au niveau d’Alger, de Réghaïa à l’est, à Zéralda à l’ouest, avec une moyenne de 3 bus pour une seule ligne, mais pour un meilleur service, il faut 4 bus par ligne.» A propos de la nouvelle ligne, le Directeur général estime que le réseau doit être revu en coordination avec les transporteurs privés.
Karim Yacine, revenant sur le chapitre des ressources humaines de son entreprise, a témoigné que l’Etusa est conforme aux standards internationaux sinon mieux. En effet, il a précisé «l’Etusa compte 3 803 travailleurs, à raison de 4 travailleurs par bus, alors que la moyenne mondiale variant entre 5 et 8 travailleurs par bus». Il a enfin souligné que l’Etusa «en sa qualité d’entreprise citoyenne a assuré le transport des travailleurs du secteur sanitaire et de certaines entreprises publiques compte tenu des mesures de confinement ayant interdit aux transporteurs privés d’exercer leur activité durant les horaires du confinement.

Métro, tram et téléphériques : perte de 13 milliards DA
Toujours à propos de pertes pour cause de confinement, il importe de rappeler que l’entreprise du métro d’Alger a accusé une perte de 13 milliards de dinars depuis la suspension de ses services en mars dernier, suite au confinement sanitaire imposé pour lutter contre la propagation du coronavirus. Le montant des pertes a été révélé par le Directeur général de l’entreprise du métro d’Alger Ali Arezki lors de son passage à l’APN. Le premier responsable de l’EMA a indiqué à cette même occasion que ces pertes concernent l’ensemble des modes de transports, métro, tram et téléphériques. Ce responsable a précisé dans ce sillage que le seul mode qui a repris depuis le 17 juin dernier c’est le tramway mais avec une capacité de transport de 50 % seulement. Arezki avait informé la commission des transports de l’APN qu’«actuellement, la situation financière est très déficitaire». Et de déplorer : «Le système d’exploitation de ce genre de transport nécessite une maintenance régulière, même lorsqu’ils sont à l’arrêt. Nous étions donc obligés de faire le roulage quotidien des rames tout au long de cette période (..) Cela a généré beaucoup de charges et de dépenses, en contrepartie, il n’y a pas eu de recette», a-t-il conclu. <