Il faudrait peut-être attendre encore pour voir si la décision prise par l’Opep+ de prolonger l’accord de réduction se répercutera réellement par la hausse des prix souhaitée par les pays engagés dans cette démarche, entre membres de l’Opep et non membres, dont principalement la Russie. En tous les cas, durant les premières heures qui ont suivi l’accord reconduit à Vienne, c’est plutôt l’effet contraire, et surprenant, qui s’est produit sur les marchés où le baril s’est distingué par un très fort recul.
Dans une journée marquée par de fortes baisses enregistrées en cours d’échanges européens, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’affichait, vers 17h, à 62,78 dollars sur l’Inter Continental Exchang (ICE) de Londres, soit des pertes de 2,28 dollars (-3,50%) par rapport à la clôture de lundi.
A New York, le baril américain de WTI WTI pour livraison en août affichait un prix de 56,77 dollars, cédant 2,32 dollars (-3,93%), alors la veille, il avait dépassé les 60 dollars pendant plusieurs heures.
Sans surprise, les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix pays partenaires ont reconduit hier, pour neuf mois, leur accord de décembre dernier visant à réduire leur offre cumulée de 1,2 million de barils/jour par rapport à leur production d’octobre 2018.
Cette extension jusqu’à mars 2020 intervient alors que les prix restent sous forte pression, entre une offre abondante alimentée par le boom du pétrole de schiste américain et une consommation mondiale en berne sur fond d’essoufflement économique.
Les 24 pays ont également approuvé à l’unanimité, malgré les récriminations de l’Iran, une
« charte » pour pérenniser leur alliance à travers un mécanisme de « coopération permanente ».
Les Russes et les Saoudiens s’étaient accordés dès ce week-end sur un prolongement de l’accord de réduction, ce qui avait temporairement porté les cours lundi.
Mais «vu les derniers chiffres, c’était le minimum vital que pouvait faire l’OPEP pour empêcher un effondrement majeur des prix», a estimé plus tôt dans la journée Tamas Varga, analyste pour PVM.
Citant des données de l’organisation, il a souligné que la hausse de la production des pays non membres avait dépassé l’augmentation modérée de la demande mondiale ces derniers mois. L’OPEP est, en effet, confrontée à une production américaine record dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale qui pèse sur la demande d’or noir.
Et « avec des tensions commerciales qui vont probablement s’accroître d’ici à 2020, les calculs pourraient montrer que la baisse de la production ne va pas beaucoup tirer les prix vers le haut », a souligné Michael Hewson, analyste pour CMC, malgré la récente trêve commerciale conclue entre les États-Unis et la Chine.