L’assouplissement des conditions mises en place par les pouvoirs publics pour la reprise d’activité de chauffeurs de taxi individuel urbain et des transporteurs de voyageurs en commun urbains ne s’est pas traduit sur le terrain par un retour sensible de ces deux types de transports. En effet, hier à la mi-journée, de nombreuses stations de taxi et de bus étaient quasi désertes. De l’avis de certains syndicalistes de ces dites corporations, contactés par Reporters hier en début d’après-midi, ce n’est qu’à partir de demain (NDLR : aujourd’hui) qu’on aura une idée sur le taux de reprise. Lequel sera certainement élevé à partir du moment où les contraintes majeures qui ont provoqué un tollé ont été levées. Ce sont « la prise en charge d’un seul client par course, la mise en place du plexiglas pour séparer le chauffeur de taxi et le client ainsi que l’utilisation de film en plastique pour couvrir les sièges du véhicule à renouveler après chaque client sont désormais annulées ». Toujours dans ce même contexte, nos locuteurs nous ont révélé que « si la reprise des taxis individuels va se faire à un rythme plus ou moins accéléré ce ne sera, certainement, pas le cas pour les transporteurs de voyageurs ». Pour eux, « la décision de hisser leur taux de remplissage de 50 à 60% n’est pas suffisante pour pouvoir faire recette, voire même de circuler à perte ». Sur ce dernier point, un délégué syndical explique à Reporters : « La revue à la baisse des capacités de remplissage de nos bus va réduire considérablement nos marges bénéficiaires, poussant les transporteurs à mettre l’arrêt leur bus que de le faire rouler à perte. » Nous signalant dans la foulée : « Les rares patrons de bus privés qui vont reprendre la route le font parce qu’ils y sont contraints afin de pouvoir assurer au moins les dépenses d’entretien de leur outil de travail ». Sur ce dernier point, il y a lieu de savoir que plusieurs organisations syndicales des transporteurs de voyageurs ont appelé, mardi dernier à Alger, le ministère de tutelle à leur accorder des aides pour la couverture partielle des coûts de maintenance. Notons par ailleurs qu’en ce qui concerne les doléances des transporteurs d’augmenter leur tarif suite à la dernière augmentation du gasoil de 5 DA introduite dans le cadre de la Loi de finances complémentaire (LFC 2020), les syndicats ont sollicité la tutelle pour examiner les voies devant résorber une partie de ces charges de manière à leur permettre de poursuivre leurs activités sans toucher au pouvoir d’achat du citoyen. Dans cette optique, le secrétaire général du Syndicat national des chauffeurs de taxi et des transporteurs (SNTT), Aidrous Bouadjmi, a indiqué tout récemment qu’une étude est en cours concernant les impacts des dernières augmentations des prix du carburant pour la soumettre, la semaine prochaine, à la tutelle. A propos du tramway, lui aussi à l’arrêt depuis trois mois, il a circulé hier à la grande joie des citoyens habitués à ce type de transport. Selon le service commercial de la Cetram, les rotations des rames ont repris hier mercredi dans plusieurs wilayas et ce dans le strict respect des mesures sanitaires arrêtées. La Cetram précise par ailleurs, dans un communiqué, que la reprise d’activité de ses tramways s‘est effectuée dans le strict respect des mesures sanitaires et selon les horaires d’exploitation adaptés aux horaires de confinement. Pour rappel, la Cetram avait instauré récemment et dans la perspective de la reprise de son activité de transport, plusieurs mesures pour assurer la sécurité sanitaire des usagers et des employés dans les tramways. Même cas de figure pour les bus de l’Etusa qui ont repris hier progressivement leurs activités.<