Après le sacre lors de la CAN-2019, Djamel Belmadi avait décidé d’aller au bout avec le gros de son ossature pour disputer une éventuelle Coupe du Monde 2022.
Le sélectionneur est tombé dans une certaine monotonie avançant avec un effectif vieillissant. Un choix qui s’est avéré non-payant. Désormais, il faudra reconstruire après avoir vu le rêve du Mondial s’écrouler. Et le driver de l’EN va finalement dans ce sens en injectant du sang neuf dans les trois compartiments. Le but est de mettre en place un nouveau cycle.

Par Mohamed Touileb
La défaite du 29 mars dernier au stade Mustapha-Tchaker a sonné définitivement le glas pour la génération championne d’Afrique de 2019. Beaucoup de choses étaient à revoir. Avant cela, Belmadi s’était entêté à concevoir l’avenir avec des éléments qui ont disputé et remporté la CAN-2019 notamment. Il a même envisagé de jouer éventuellement avec un Guedioura (36 ans) au Qatar. C’est pour dire que c’était trop figé dans sa tête.
La non-qualification pour le rendez-vous planétaire a forcé la redistribution des cartes. Certes, la refonte des fondations n’est pas générale. Mais des changements sont opérés dans les différents secteurs de jeu tout en gardant certains Verts d’expérience et toujours productifs qui participeront à la passation de témoin.

Mandrea, héritier de Raïs
On commence par le poste des gardiens de buts. Oukidja (34 ans), fréquemment appelé sans pour autant jouer, a sauté laissant place à Anthony Mandrea (25 ans) qui sera en concurrence avec l’inamovible Raïs M’Bolhi (36 ans) et Moustapha Zeghba (31 ans).
Il est presque évident que M’Bolhi, titulaire au poste, ne pourrait pas aller jusqu’au Mondial 2026. Et l’urgence était de lui trouver un suppléant qui présente certaines garanties pour l’avenir. Oukidja était un peu « vieux » pour durer dans le temps après le départ en retraite de M’Bolhi.
C’est pour cela qu’un portier comme Mandrea reste un bon choix pour garder les cages dans l’avenir. Cependant, Gaya Merbah (27 ans) est, lui aussi, sur le radar de Belmadi et pourrait être appelé dans l’avenir.

Hammache et Zedadka limiteront les tracas
En défense, il y a l’arrivée d’Akim Zedadka (26 ans) et celle de Yanis Hammache (22 ans). Ils seront en concurrence avec Youcef Atal (25 ans) et Ramy Bensebaïni (27 ans) respectivement. Le premier a plus de chances de jouer rapidement et souvent. En effet, Atal est trop souvent blessé. Néanmoins, il faudra déloger Houcine Benayada. Et cela ne s’annonce pas comme formalité. Pour ce qui est de Bensebaïni, il n’avait, jusque-là, pas de doublure fiable. On a pu s’en rendre compte en mars dernier lorsque sa suspension pour le match ‘’retour‘’ face au Cameroun avait causé une vraie détresse et chamboulé les plans du sélectionneur. Avant Hammache, Naoufel Khacef (24 ans) n’avait pas réussi à se faire de la place et convaincre Belmadi. C’est pour dire que les deux nouveaux appelés devront prouver qu’ils méritent leur sélection quand l’occasion se présentera.

Tougaï – Touba, future paire centrale ?
Toujours pour ce qui est de l’arrière-garde, on peut noter la présence d’Ahmed Touba (23 ans) et Mohamed-Amine Tougaï (22 ans). Benlamri (32 ans) a sauté des plans de Belmadi et il pourrait ne plus revenir. En revanche, Mandi (30 ans) reste là pour donner de la stabilité dans le cœur de la défense. Touba, auteur d’une entrée remarquable en mars écoulé, semble à-même pour l’épauler. De son côté, Tougaï devra probablement patienter et essayer d’emmagasiner le plus de confiance en attendant son heure. Et on pourrait concevoir une collaboration avec Touba plus tard. D’autant plus que le dernier nommé à montrer de la qualité lors de la Coupe Arabe FIFA 2021 au Qatar.

Entre-jeu entre jeunes
Plus haut, dans le secteur médian, Belmadi mise exclusivement sur les moins de 30 ans. Le plus « vieux » est Sofiane Bendebka qui a 29 ans. Bennacer (24 ans), Zerrouki (23 ans), Zorgane (22 ans), Boudaoui (22 ans) se retrouvent dans la même zone. Et pour confirmer le rajeunissement, il y a eu l’arrivée d’Abdelkahar Kadri (21 ans). Cela donne un milieu de terrain de 23.5 ans de moyenne d’âge. Il y a donc le potentiel de jouer 5 CAN et 2 Coupes du Monde potentielles avec ces éléments. Là, si la recette prend, ça serait un vrai point fort. D’autant plus qu’il s’agit d’une zone vitale puisqu’on parle du cœur du jeu.

L’avant-garde reste en ligne avant
Concernant l’avant-garde, il est moins évident de trouver une relève de talent. Toutefois, Belmadi a pu convaincre Bilal Brahimi (22 ans) d’opter pour l’Algérie. En outre, le premier responsable de la barre technique des «Fennecs» a fait appel à Riyad Benayad (25 ans) afin d’injecter un nouveau souffle sans oublier le retour du prometteur Mohamed El-Amine Amoura (22 ans).
Après, il y a certaines certitudes devant qui donnent toujours satisfaction. On pense notamment à Islam Slimani qui montre à chaque fois qu’il peut toujours rendre service à la sélection malgré ses 34 ans. D’ailleurs, il avait marqué à Douala en mars dernier face au Camerounais. Sans oublier le fait qu’il avait énormément pesé durant l’acte II à Tchaker sans être en réussite. Il y a aussi Belaïli (30 ans) et Mahrez (31 ans) qui pourront encore performer à « El-Khadra ». Sans oublier les talentueux Ghezzal (29 ans) et Ounas (25 ans). Et ce bien que le dernier nommé soit souvent blessé avec 6 passages à l’infirmerie cette saison.
En tout cas, l’envie de repartir de l’avant en se projetant sur le court mais aussi le long terme est un bon indice. Belmadi compte bien changer les choses et donner finalement la chance à certains qui devaient être là bien avant. Mieux vaut tard que jamais. Même si l’avion, qui devait nous mener au Qatar, on l’a raté.