Il était favori, et il a parfaitement assumé son statut. Dimanche soir à Yaoundé, le Maroc a écarté le Mali (2-0) en finale du Championnat d’Afrique des nations 2020 pour préserver sa couronne décrochée en 2018 sur ses propres terres. C’est la première fois qu’une sélection parvient à conserver son titre en 6 éditions disputées.

Compte tenu du parcours, les Marocains semblaient prédestinés à trôner. Avant d’affronter les Maliens, ils avaient les faveurs des pronostics. Et ils ont confirmé cela au terme d’une partie bien maîtrisée en l’emportant 2 buts à 0 grâce à des réalisations de Soufiane Bouftini (69’) et Ayoub El Kâabi dix minutes plus tard. Les «Aigles» n’ont jamais pu déployer leurs ailes. Comme ce fut le cas depuis l’entame de la phase à élimination directe du tournoi. Une seconde partie du CHAN-2020 dans laquelle ils n’ont jamais pu trouver la faille se contenant de rallier la finale en passant par la série des tirs au but contre la RD Congo et la Guinée.
L’effectif change mais pas la suprématie
Une stérilité offensive qu’ils ont fini par payer cash devant des «Lions de l’Atlas» plus féroces et qui voulaient préserver leur territoire. D’ailleurs, Nouhoum Diané, sélectionneur du Mali, a déclaré : «On voulait tout faire pour ramener la coupe au Mali. Mais on avait en face une très bonne équipe du Maroc» reconnaissant que «c’est la meilleure équipe du tournoi, je pense» non sans en profiter pour «féliciter leur coach. Ils ont fait du bon boulot, vu le nombre de buts que les Marocains ont marqué. Ça n’allait pas être facile face à eux mais on le savait. Je pense qu’on a perdu ce match sur des détails. Mais ces détails sont très importants dans ce genre de compétition.»
Le seul revers a suffi pour mettre fin au rêve du Mali dans cette campagne. D’ailleurs, pour parvenir sur le toit de l’Afrique, les Marocains ont réalisé un parcours sans faute avec 5 succès et un 1 nul pour 15 buts marqués et 3 encaissés. La meilleure attaque et la meilleure défense font automatiquement d’une équipe la meilleure dans un challenge. Et c’est le cas pour le Maroc qui a su montrer une constance sans faille depuis sa consécration à domicile il y a 3 ans de cela.
Même si l’effectif n’est pas le même, la domination a été rééditée. Et ce n’est certainement pas le fruit du hasard. C’est ce que l’entraîneur Lhoussaine Ammouta a rappelé en notant que «depuis notre arrivée au Cameroun, nous avions de l’ambition et de la détermination. Nous voulions produire du bon jeu et gagner cette coupe. Notre groupe a changé à plus de 75% par rapport à celui qui l’a gagnée en 2018. Nous voulions conserver le titre et c’est chose faite.»

Vraie politique et exploit authentique
Ce triomphe du Maroc vient prouver que la mise en place d’une réelle politique de formation et de suivi assure une notoriété certaine sur le plan continental. En effet, c’est la première fois qu’une sélection réussit à aligner deux sacres de suite. Même si, il faut le noter, la RD Congo compte autant de trophées du CHAN: un décroché en 2009 au Ghana et un second en 2016 au Mali. Le succès des locaux marocains laisse éventuellement présager l’éventuel avènement de l’équipe première que certains joueurs qui ont brillé lors de ce rendez-vous camerounais pourraient rejoindre. En tout cas, Vahid Halilhodzic, sélectionneur des A, était présent. Il a pu observer Soufiane Bouftini et consorts à l’œuvre. Et pour prouver que les champions d’Afrique des locaux ont du potentiel, on rappellera que Soufiane Rahimi, buteur de l’épreuve (5 pions) et élu meilleur joueur du tournoi, joue déjà avec Hakim Ziyech et les autres. Qualité certifiée.