La compagnie nationale Air Algérie a fait savoir, hier, qu’elle se tenait prête à une «reprise progressive» des vols internationaux. Une annonce qui intervient alors que le gouvernement n’a pas encore tranché quant à la réouverture des frontières du pays. La compagnie, qui a essuyé des pertes record en 2020, précise en ce sens dans son communiqué qu’elle est en mesure d’assurer «toutes les destinations» habituelles. Les dates de reprise dépendent toutefois de «la décision des pouvoirs publics pour l’ouverture des frontières» et des «décisions des pays de destination concernant les modalités d’entrée sur leurs territoires».

Par Nadir Kadi
Annonce qui s’apparente ainsi à un appel au gouvernement à accélérer sa prise de décision, le communiqué de la compagnie anticipe carrément une issue favorable en détaillant la mise en place d’un nouveau programme de «flexibilité» à destination de ses clients. Une mesure qui vise entre les lignes à encourager au plus tôt les prises de réservations. Ainsi, il est annoncé que la compagnie Air Algérie «offre des options de changement de réservation flexible», la modification des billets «achetés avant la reprise effective des vols est gratuite dans la même classe, durant toute leur validité et avant la date de voyage prévue». La période de validité des billets arrivant à expiration est quant à elle «prolongée au 31 décembre 2021».
Et dans la même logique, le communiqué d’Air Algérie annonce également d’autres facilitations à destination des clients : «En cas de modifications de vos projets de voyage, suite à l’annulation de votre vol», il sera proposé aux usagers d’Air Algérie «un avoir sous forme d’EMD/Voucher émis par Air Algérie, valable pour un voyage jusqu’au 31 décembre et remboursable en cas de non-utilisation». Cette dernière option du remboursement est toutefois nuancée, ajoutant que le «recours au remboursement» verra son «délai de traitement tributaire du nombre de demandes en cours».
La compagnie qui a, par ailleurs, essuyé de nombreuses critiques lors de l’organisation des vols de rapatriements, fait également savoir dans son communiqué d’hier qu’en cas de nouveaux rapatriements, «les billets à tarifs réduits ou promotionnels feront l’objet d’un ajustement tarifaire selon le tarif de rapatriement applicable le jour du vol».
Année noire pour le secteur des transports, et plus particulièrement du transport aérien, il est à rappeler que la compagnie Air Algérie est quasiment à l’arrêt à l’internationale depuis la fermeture des frontières le 17 mars 2020. Seuls les programmes de rapatriement des ressortissants algériens ont permis le maintien d’une relative activité, avant qu’une nouvelle décision du gouvernement ne stoppe les vols le 28 février dernier, dans le but d’éviter la propagation de nouveaux variants du virus en Algérie. A ce titre, les pertes, en 2020, de la compagnie avaient été estimées dès juin dernier à près de 89 milliards de dinars par le porte-parole de la compagnie, Amine Andaloussi. Un chiffre à mettre en perspective avec le chiffre d’affaires d’Air Algérie, en 2019, de 102 milliards de dinars.
En ce sens, seule l’activité de transport de marchandise de la compagnie réussit pour le moment à «amoindrir» les pertes enregistrées durant cette crise. Le directeur de la filiale Cargo, Alili Ilyes, a ainsi fait savoir, le 22 mars dernier, en marge des portes ouvertes organisées dans le siège d’Algex, «malgré le contexte difficile, nous avons maintenu notre activité de transport de marchandises depuis et vers l’étranger durant la période de la Covid-19». La filiale Cargo, qui transporte près de 80 tonnes de marchandises par jour, notamment des produits pharmaceutiques, a également obtenu la reconversion «provisoire» d’une partie de la flotte des appareils de transport de passager en avions cargo.