En programmant la rencontre gouvernement-walis, les hautes autorités du pays attestent une nouvelle fois que les collectivités locales continuent de constituer un véritable boulet dans la gestion des affaires publiques.

En somme, c’est un vieux problème qui continue à se poser alors que des années, voire des décennies, sont passées et que des sommes faramineuses ont été dépensées sans que cela génère le développement local souhaité et l’essor économique promis. Un problème qui s’est accentué sous le règne de Bouteflika qui a donné lieu à deux collèges de walis, ceux qui ont échappé au contrôle de la hiérarchie et ceux qui ont été sacrifiés pour ouvrir la voie à ce qui allait se révéler les forces de l’argent, communément désignés par le vocable oligarchie, et qui ont siphonné les richesses du pays au nom d’un investissement fictif.
Aujourd’hui que les exigences citoyennes gagnent en épaisseur et en récurrence, c’est l’étendue du retard en matière de développement qui se révèle au grand jour dans un contexte qui voit la gouvernance publique bénéficier de l’attention du citoyen. Il suffit à cet effet de revisiter les thèmes abordés par la dernière rencontre gouvernement-walis sous le règne de Bouteflika, en novembre 2018, pour se rendre compte que les problèmes mis sur la table sont loin d’être résolus, plus de deux ans plus tard. Il a été ainsi question à cette occasion de l’approfondissement de la décentralisation, de l’attractivité du territoire et de la promotion du partenariat public-privé, des thèmes dont on peine à repérer une quelconque évolution positive.
Un peu plus loin, à savoir la réunion gouvernement-walis de 2016, avait été consacrée au débat des projets de loi «sur les collectivités territoriales et la fiscalité locale», sans que cela ne se traduise par des résultats probants sur le fonctionnement des collectivités locales et leurs contribution dans le développement économique du pays. Il ressort à travers les deux jours de débats de la rencontre gouvernement-walis, qui a vu ces derniers appelés à tenir convenablement leur mission, que c’est la question des sources de financement qui freinerait davantage le développement local. A ce souci de financement, il faudrait ajouter celui de la dilapidation de l’argent public, un fait relevé au premier jour de la rencontre par le chef de l’Etat, qui a appelé les autorités locales à abandonner les dépenses inutiles. C’est dire que le défi se situe à deux niveaux, celui d’identifier de nouvelles sources de financement au niveau local et celui de rationaliser les dépenses. Une équation qu’a résumé, hier, sur les ondes de la Radio nationale, Abderrahmane Sidini, directeur général au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales en mettant en évidence la nécessite d’explorer toutes les niches pour « optimiser le financement des actions de développement local». «Nous avons déjà beaucoup de sources de financement et en plus de ça il faut rationaliser les dépenses et explorer toutes les niches pour optimiser le financement des actions de développement», a indiqué Abderrahmane Sidini, Directeur général des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, le même responsable a indiqué que la stratégie de développement adoptée par le gouvernement placera le citoyen au cœur des préoccupations, plaidant pour que soit placés le niveau et le cadre de vie du citoyen au centre des nouveaux plans de développement. «Au lieu de s’intéresser beaucoup plus à la mobilisation de la ressource financière, nous allons nous orienter davantage vers l’élaboration de plan de développement de proximité, visant directement le niveau de vie du citoyen», a promis le représentant du ministère de l’Intérieur. On l’aura ainsi bien compris que la collectivité locale se cherche encore à plusieurs niveaux, financement, gestion, budgétisation, complémentarité territoriale… en attendant qu’elle devienne ce véritable agent économique autour duquel sera construit le développement local.

Le président Tebboune reçoit les walis
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu hier après-midi les walis de la République.
L’audience s’est déroulée au siège de la présidence de la République en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud, et du médiateur de la République, Karim Younes.
Cette audience intervient à l’issue de la réunion gouvernement-walis, tenue dimanche et lundi au Palais des nations et au Centre international des conférences.