Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) lance une nouvelle fois un appel aux autorités, afin de permettre aux citoyens de se faire tester au niveau des officines concernant les atteintes par la Covid-19. Cet appel est d’autant plus légitime qu’hier le ministère de la Santé a donné son feu vert pour autoriser la vaccination dans les pharmacies afin d’accélérer la campagne de vaccination contre la Covid-19, ultime rempart pour sauver des vies.

Par Sihem Bounabi
En effet, dans un communiqué parvenu à la Rédaction, le Snapo estime que «ces tests rapides antigéniques sont disponibles et faciles à réaliser et permettront à nos concitoyens de se faire tester au niveau des officines qui sont convenablement et largement réparties à travers le territoire national». Dans le communiqué, le Snapo explique, également, que cela contribuera à faire le tri entre les vrais nouveaux cas Covid et les faux cas qui «pourraient engendrer des situations de panique inutiles et des encombrements et saturations au niveau des hôpitaux et services d’urgence».
Le syndicat des pharmaciens tient à souligner que partout dans le monde, ces tests sont réalisés en officine et permettent aux services de santé spécialisés de se consacrer pleinement et efficacement aux vrais cas Covid. Le Snapo insiste sur les avantages, dans le contexte sanitaire actuel, marqué par l’explosion des cas, du recours à la réalisation des tests antigéniques en officine qui «aura inévitablement des conséquences très positives sur le contrôle et la gestion des nouveaux cas Covid et la propagation du virus».
Le Snapo interpelle également les pouvoirs publics sur les raisons de «la marginalisation des officines par rapport à la réalisation de ces tests, d’autant que les plus hautes autorités du pays se seraient montrées très favorables pour cette opération et auraient même demandé explicitement aux responsables concernés du secteur de la santé de permettre et d’encourager la réalisation de ces tests en officine».
En effet, pour rappel, il y a près d’une semaine, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, avait préconisé d’autoriser les pharmaciens d’officine à pratiquer les tests antigéniques de détection du coronavirus. Le ministre avait ainsi souligné que la réalisation de tests antigéniques dans des pharmacies d’officine permettrait à la population de se tester dans les lieux les plus reculés du pays en évitant d’encombrer les hôpitaux. Lotfi Benbahmed a précisé que cette disposition devrait être appliquée dès que le ministère de la Santé autorise les pharmaciens d’officine à pratiquer les tests antigéniques.
Par ailleurs, dans un second communiqué, le Snapo a également annoncé que dans un élan de solidarité et «en cette période de crise Covid très grave, et pour aider nos concitoyens à se soigner», qu’il est en train d’étudier la possibilité, avec un opérateur national, de la commercialisation de concentrateurs d’oxygène au niveau des officines à un prix «régulé». Il est à souligner que dans un contexte marqué par la flambée des prix et l’émergence d’un véritable marché noir, animé par des spéculateurs, l’annonce du Snapo est perçue comme une véritable bouffée d’oxygène et de nombreuses personnes appellent à l’accélération de cette initiative dans les plus brefs délais. D’autant plus que le Snapo a souligné dans son communiqué que «ces concentrateurs d’oxygène seront vendus de manière exclusive par les pharmaciens à titre solidaire avec une marge réduite et un tarif fixe, pour lutter contre la spéculation qui touche ce matériel et le rendre accessible aux malades nécessiteux».
Concernant l’appel du Snapo lancé il y a près de deux semaines pour être partie prenante dans la campagne de vaccination, afin de permettre à un plus grand nombre d’Algériens d’être vaccinés, le ministère de la Santé a répondu, hier, favorablement à cet appel en autorisant la vaccination dans les pharmacies. Pour rappel, le Snapo avait souligné dans son appel que «l’officine est un espace de santé de premier rang, en matière d’accessibilité et de proximité. Nous pensons que l’implication du pharmacien d’officine dans la campagne de vaccination ne peut être que profitable pour nos concitoyens. Ce qui pourra certainement augmenter le nombre de personnes vaccinées de manière considérable et assurer ainsi une meilleure protection de notre population partout dans le monde».