Les résultats du protocole de traitement à la Chloroquine ne sont visibles qu’au bout de dix jours. En attendant, le nouveau coronavirus continue de se propager parmi la population. Le bilan annoncé hier s’est alourdi. Ce sont encore 73 nouveaux cas confirmés, soit le plus grand nombre de personnes contaminées en 24 heures depuis l’apparition de Covid-19 en Algérie il y a un peu plus d’un mois. Parmi ces cas, on compte 4 décès, selon le bilan établi par le ministère de la Santé.

«Soixante-treize (73) nouveaux cas confirmés de coronavirus et quatre (4) nouveaux décès ont été enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie, portant le nombre de cas confirmés à 584 et celui des décès à 35», a indiqué le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, le Pr Djamel Fourar, lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie en Algérie.
Les quatre décès enregistrés concernent un homme de 59 ans de Béjaia, qui était en contact avec un émigré établi en France, un autre de 69 ans de Blida, et les deux autres, un homme de 67 ans et une femme de 73 ans d’Oran, a précisé M. Fourar. Les cas de décès enregistrés depuis l’apparition de la pandémie sont répartis à travers 14 wilayas dont 60% sont dans 4 wilayas : Blida, Alger, Tizi Ouzou et Constantine. M. Fourar a fait savoir également que 15 wilayas ont enregistré entre un et trois cas de contamination et sur les 584 cas confirmés, 82% sont répartis à travers 9 wilayas : Alger, Blida, Oran, Tizi Ouzou, Béjaia, Médéa, Sétif, Tipasa et Tlemcen. 37 cas de guérison ont été recensés, selon le même responsable. Parmi les malades atteints du coronavirus qui sont guéris récemment, on compte 3 jeunes personnes à Annaba ayant quitté l’hôpital sans avoir eu besoin d’être traitées au protocole à la Chloroquine. Par ailleurs, plus de 4.400 personnes mises en isolement pourront quitter, à partir de mercredi, les établissements hôteliers où ils avaient logé dans le cadre des mesures prises par les hautes autorités du pays pour endiguer la propagation du Covid-19, après expiration du délai fixé à 14 jours de leur confinement. Il s’agit des ressortissants algériens placés immédiatement en quarantaine à leur arrivée en Algérie, rappelle-t-on.
A propos de ce traitement adopté il y a quelques jours par l’Algérie, après consultation des spécialistes algériens et étrangers, une certaine impatience est perceptible parmi les citoyens qui suivent de près l’évolution de la situation et voulant connaître rapidement les résultats obtenus. Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, apporte la réponse. Il faut s’armer de patience encore quelques jours pour le savoir.
«Il est trop tôt pour annoncer les résultats du protocole de traitement à l’hydroxychloroquine qui a commencé à être administré aux malades il y a à peine six jours», a déclaré Dr Berkani, expliquant que les «patients ne répondent au traitement qu’au bout de dix jours». «Nous ne pouvons donc avoir les résultats et les révéler qu’après dix jours d’utilisation de l’hydroxychloroquine», a-t-il encore explicité, rappelant que l’utilisation de ce protocole, après le feu vert du Comité scientifique installé auprès du ministre de la Santé, s’est faite de suite au niveau des hôpitaux de Boufarik (Blida) et d’El Kettar (Alger), étant donné que ces établissements comptaient le plus de malades atteints par le Covid-19. Le traitement a été utilisé également dans les autres établissements hospitaliers accueillant les cas de contamination.

Généralisation du protocole à la Chloroquine aux cas bénins
Mais si au début la consigne était de n’administrer ce traitement qu’aux cas graves atteints de coronavirus, il semble que le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus ait révisé sa copie, en concertation avec des médecins spécialistes autres que ceux que compte le Comité.
Dr Bekkat Berkani, qui également président du Conseil national de l’Ordre des médecins, a annoncé, dans ce cadre, que «le Comité scientifique a décidé de généraliser la prescription du protocole à l’hydroxychloroquine pour tous les patients atteints du Covid-19 dans tous les services qui prennent en charge les malades, contrairement à ce qui a été décidé, une semaine auparavant, à savoir sa prescription pour les cas aigus seulement». D’où, «les cas bénins de Covid-19 ont commencé également à bénéficier de ce traitement il y a un ou deux jours déjà», a-t-il affirmé, avant d’exprimer son «soulagement» quant à la disponibilité de la Chloroquine en quantité suffisante au niveau des stocks de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH).
Le ministère de la Santé, rappelle-t-on, a instruit, il y a une semaine, les établissements hospitaliers accueillant les patients atteints du Covid-19, de l’utilisation de l’hydroxychloroquine qui a prouvé son efficacité dans le traitement des symptômes du virus dans les pays qui ont adopté ce protocole de traitement. Après l’Italie et la France – dont la situation est des plus lamentables face à la propagation de Covid-19 – qui ont adopté le protocole en question, les Etats-Unis, pays qui compte le plus grand nombre de cas contaminées, ont, à leur tour, autorisé le traitement à l’hydroxychloroquine. Le Département américain de la santé, a donné son feu vert pour que ce traitements soit «distribué et prescrit par des médecins aux patients adolescents et adultes hospitalisés atteints du Covid-19, de manière adaptée, quand un essai clinique n’est pas disponible ou faisable»
Par ailleurs, à propos du dépistage, l’Institut Pasteur d’Algérie a annoncé, dans un communiqué, autoriser les laboratoires algériens disposant d’équipements et des réactifs nécessaires d’effectuer le diagnostic du coronavirus. «L’Institut Pasteur d’Algérie porte à la connaissance de l’ensemble des laboratoires du territoire national que tout laboratoire disposant des produits indiqués sur la liste ci-après (à consulter sur le site de l’IPA), est en mesure d’effectuer le diagnostic du nouveau coronavirus». Cette liste présente «les réactifs, les équipements, les consommables et les matériels d’hygiène et de sécurité nécessaires à la réalisation du diagnostic», selon l’IPA, qui précise que «ses équipes sont disposées à accompagner ces laboratoires pour le démarrage de l’activité». Tous les laboratoires intéressés peuvent contacter l’IPA à «contact@pasteur.dz». n