Dans bien des cas, et sur bien des registres socioéconomiques, l’année 2017 s’achève en Algérie quasiment comme elle avait commencé. La situation n’a pas suffisamment évolué de sorte à justifier la démarche des pouvoirs publics mise en mode restrictions sous escorte d’austérité à tout bout de chemin.

Les discours, les prévisions et les résultats ne valent et n’ont de sens et de teneur que par les chiffres qu’ils livrent. Et à ce niveau de la comptabilité et du décompte d’un exercice qui tire à sa fin, les dividendes récoltés du mécanisme nommé licences d’importation, notamment à travers les chiffres des réserves de changes et ceux du coût des importations, suffisent pour mettre à nu les limites d’une vision sans lendemains sûrs, ni résultats garantis.
Le système imposé au commun des Algériens, entre opérateurs économiques et consommateurs, aura sévi dans une conjoncture de crise dont la gestion semble avoir été trop âpre, voire au-delà des capacités des pouvoirs publics à faire face à ce type de configuration qui exclut tout usage de manœuvres hasardeuses, capables de compliquer davantage la situation. Ce qui s’est d’ailleurs produit, sans pour autant empêcher les décideurs d’étendre régulièrement la liste des produits soumis au régime des licences et de prévoir d’autres opérations du même genre pour 2018.
Il a fallu que le coût des importations toujours maintenu à très haute altitude, et les dégâts occasionnés par la facture en devises aux réserves de change du pays viennent faire parler la réalité des statistiques pour que soit reconnu, haut et fort, l’échec d’une stratégie économique qui, à défaut d’être alignée dans une course contre la crise, a été engagée dans la course contre la montre, sans visibilité réelle sur le temps qui passe trop vite.
Deux années seulement, puis s’en vont. Les licences d’importation ne sont plus. Place aux interdictions d’importer, en attendant les chiffres de 2018.