Les opérateurs ayant déposé un dossier pour activer dans l’importation de véhicules neufs comptent les jours qui les séparent de la réponse à leur demande d’agrément.

Par Feriel Nourine
Entamée le 28 novembre dernier, cette opération concerne également le dépôt de dossiers pour l’activité d’industrie automobile, et a enregistré un afflux considérable de la part d’opérateurs qui attendaient la publication des cahiers des charges, puis la nomination des membres des commissions en charge de l’examen et du suivi des dossiers pour manifester officiellement leurs projets respectifs.
Lesquels doivent fournir une réponse dans un délai maximal de 30 jours, à partir du dépôt du dossier, faut-il le rappeler.
Ce sont, en effet, des dizaines de souscripteurs qui se sont succédé à la plateforme dédiée pour déposer leurs dossiers. Parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui souhaitent décrocher le sésame donnant droit à l’activité de concessionnaire automobile.
Pour ce faire, ils doivent répondre aux dispositions contenues dans le cahier des charges publié le 17 novembre. Ce texte assouplit, certes, les conditions administratives et de logistique pour l’activité, mais, de l’avis de responsables au niveau de la tutelle, le nombre de dépôt devraient être inférieur à celui enregistré lors de la même opération du genre qui avait suivi la publication le cahier des charges venu amender, en août 2021, le texte élaboré en mai 2020.
Un bon nombre d’opérateurs auront du mal à répondre à la condition de base, à savoir être détenteur d’une licence auprès du constructeur, avait expliqué, à ce propos, le Directeur général du développement industriel au ministère de l’Industrie, Ahmed Salem Zaid.
Autrement dit, le nouveau cahier des charges impose au concessionnaire d’établir un contrat de représentation directement avec la maison mère, et interdit un quelconque passage par un intermédiaire comme cela était permis durant les années qui avaient vu l’activité fleurir et multiplier les concessionnaires en comptant, justement, sur les intermédiaires.
En attendant, les premières réponses des commissions chargées de l’examen et du suivi des dossiers, la publication du cahier des charges ouvrant la voie au retour des importations de véhicules a déjà eu son impact sur le marché de l’automobile.
Après la flambée sauvage qui s’était emparée des prix du neuf, importé par des particuliers, et surtout de l’occasion, l’atmosphère semble être à l’accalmie ces dernières semaines, sur fond de baisse de fièvre de l’achat chez les citoyens. Ces derniers voient les bonnes nouvelles se succéder, augurant d’un retour à la normale qui ne devrait pas tarder à se concrétiser, aussi bien par la voie des importations que par celle de l’Industrie qui compte déjà un premier projet à travers l’accord entre le ministère de l’Industrie et Stellantis Fiat pour l’installation du constructeur italien en Algérie.
2023 devrait donc être l’année de la relance du secteur automobile en Algérie après une traversée du désert qui aura duré plus de trois années. Parmi les opérateurs ayant déposé un dossier pour activer dans l’importation de véhicules figurent d’anciens concessionnaires qui promettent de faire appel à leur expérience dans le métier pour rouvrir des showrooms le plus tôt possible, pour peu que l’agrément qu’ils ont perdu en 2017, suite à la suspension de leur activité, leur soir de nouveau accordé.
Certains opérateurs sont même allés plus loin sur le registre des prix en promettent des véhicules à moins de 1 million de dinars qui seraient importés d’Asie. Ils s’exprimaient en début d’année, dans un message adressé au président de la République par la voie du Groupement des concessionnaires automobiles (GCA), pour affirmer que des véhicules d’entrée de gamme seraient mis à la disposition du client algérien au prix de 990 000 dinars. Il s’agira d’un modèle asiatique doté d’un bloc moteur 3 cylindres de 800 CC. «Le Client n’aura donc pas à supporter les frais de transport du véhicule», avait souligné le groupement, estimant ces frais à 700 dollars pour les voitures en provenance d’Asie et de 500 euros pour celles importées d’Europe.
Côté industrie, l’usine Fiat d’Oran annonce, elle aussi des prix qui seront revus sensiblement à la baisse par rapport à ceux pratiqués ces deux dernières années dans un marché frappé par la pénurie du neuf, et ouvert au diktat des importateurs multimarques dont les showroom ont poussé comme des champignons.
Cette baisse est attendu par l’ensemble des observateurs, mais aussi des hauts responsables au niveau du ministère de tutelle, et à leur tête le ministre Ahmed Zeghdar. Ce dernier revient régulièrement sur le dossier des prix pour affirmer qu’ils vont baisser sur le marché algérien avec le démarrage de la fabrication et de l’importation de véhicules. Ceci entraînera une hausse de l’offre, notamment grâce à la maîtrise des coûts et des marges bénéficiaires qui seront étudiées, s’attend M. Zeghdar.
«En ce qui concerne les véhicules qui entreront sur le marché, nous nous attendons à une baisse de leurs prix, en raison de plusieurs facteurs, notamment la forte augmentation des prix des véhicules au cours des dernières années en raison du manque d’approvisionnement sur le marché, ce qui a entraîné un manque d’offre par rapport à la demande en plus de la spéculation. Mais avec le retour de l’offre sur le marché grâce à l’importation et à la fabrication locale, les prix vont donc certainement baisser», affirme le premier responsable du secteur. <