La perspective des élections législatives anticipées dans les prochains mois et les consultations présidentielles lancées depuis samedi par Tebboune donnent visiblement une réanimation dans le champ politique notamment au sein des états-majors des partis. Les choses s’accélèrent également au niveau des institutions et organes appelés à préparer l’encadrement des futures échéances.

C’est le cas, dans ce registre, du comité Laraba chargé de l’élaboration de l’avant-projet portant loi organique sur le régime électoral, reçu hier par le président Tebboune et à qui il a exposé les propositions et les avis recueillis auprès des différents courants politiques.
Chez l’ensemble des partis, c’est le temps de la réanimation organique provoquée par l’annonce de la dissolution imminente de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui ouvrira la voie à la tenue de législatives anticipées.
Il est vrai que ce n’est pas tous les partis qui inscrivent leur agenda dans ces futures joutes électorales, certains préfèrent temporiser encore pour voir plus clair l’évolution de l’actualité politique.
D’autres, notamment parmi ceux reçus depuis samedi par le président de la République, semblent approuver la perspective de dissolution de la représentation parlementaire, étape jugée nécessaire pour tout renouveau institutionnel.
«La classe politique attend le lancement de la loi électorale pour enfin connaître les règles du jeu politique, afin que tous les partis soient assurés que cette loi assurera la transparence et l’intégrité du processus électoral», a indiqué Soufiane Djilali, président de Jil Jadid.
Pour le même responsable, les institutions en place «n’avaient aucune crédibilité», estimant nécessaire d’aller vers «des institutions propres qui ont une légitimité», relevant que celles en place «représentent l’ancien régime» de Bouteflika.
M. Soufiane Djilali a fait part, par la même occasion, de son souhait de voir le chef de l’Etat prendre «des mesures fortes à l’occasion du deuxième anniversaire du mouvement populaire pour redonner confiance aux Algériens», notamment envers les détenus.
Cette question des détenus semble avoir pris une place si importante dans les échanges qu’a eus le président Tebboune lors de ses audiences avec les représentants de formations politiques qui ont insisté sur la nécessité pour les autorités de donner des signes d’apaisement pour prétendre réussir les prochaines échéances politiques et électorales.
Par ailleurs, la série de rencontres entamées par Tebboune et la perspective de la dissolution de l’APN n’ont pas manqué de poser plus d’interrogations sur la place qu’auront à jouer les partis traditionnels de l’alliance présidentielle dans le jeu politique.
D’autant plus que le FLN, RND, TAJ et MPA n’ont pas été conviés – du moins pour le moment – à ces consultations, eux, qui ont l’habitude, voire le privilège, de figurer aux premières loges durant les années du règne de Bouteflika.
Le président Tebboune ne compte-t-il pas s’appuyer sur ces appareils politiques dans les prochaines échéances électorales ? Seront-ils relégués à des places secondaires lors des scrutins à venir de façon à provoquer une évolution dans la représentation politique ? A-t-on déduit que ces partis ont perdu leur capacité de mobilisation comme peut le suggérer le taux de participation au dernier référendum sur la constitution ? Autant de questions que pose l’emballement politique en cours appelé à s’accélérer dans les prochains jours, notamment avec l’hypothèse insistante d’une dissolution imminente de l’APN.
A laquelle s’ajoute également l’option d’un remaniement ministériel…