La finalité de la rencontre nationale sur la relance économique est de recueillir les propositions, les recommandations des représentants des organisations patronales, des Unions professionnelles, des opérateurs et des experts pour booster l’investissement créateur d’emplois et de richesses à brève échéance, en un mot d’ici fin 2020,voire en l’an prochain.

La première journée de la Conférence nationale sur la relance économique a surpris nombre d’observateurs. Ce qui devait être une tripartite, c’est-à-dire un consensus patronat-syndicats-gouvernement sur les contours et orientations du plan de relance économique pour redémarrer l’appareil de production au déconfinement ou pour les échéances à court terme (fin 2020), s’est transformée en conférence nationale sur la relance économique, c’est-à-dire une rencontre pour recueillir les propositions des organisations patronales, des syndicats, des opérateurs et des chercheurs et enseignants universitaires pour booster l’investissement et la création de richesses à très court terme. Ce qui correspond en somme à un enrichissement par les acteurs économiques de ce plan de relance. Ce qui laisse supposer qu’il faut encore attendre pour que soit finalisée cette feuille de route consensuelle. Idem pour le plan global de sauvegarde des entreprises mis en arrière-plan au cours de cette première journée de travaux. Ce qui laisse supposer également que l’élaboration de ce programme n’est pas achevée. Une course contre la montre semble engagée. En clair, concernant le plan de sauvegarde, le plan de relance, les décisions doivent être appliquées avant la rentrée si on veut éviter un climat social sous tension à l’automne prochain. Le discours du Président de la République a été cependant bien accueilli par les opérateurs et les représentants des organisations patronales.
Satisfecit des opérateurs
Ouverture des secteurs du transport aérien et maritime au privé, dépénalisation des actes de gestion et de commerce,1 900 milliards de dinars de financements bancaires et 10 milliards de dollars puisés des réserves de change, autant d’annonces en faveur de la libération des initiatives, du retour à la confiance et à une mobilisation des entrepreneurs pour booster l’investissement et redémarrer l’économie nationale. De quoi susciter le satisfecit des opérateurs. Mais tous ces acteurs attendent que les mesures de sauvegarde proposées soient appliquées et la feuille de route relative au plan de relance économique mise en oeuvre pour que s’éloignent leurs difficultés financières dues aux effets de la crise et qu’ils renouent avec la croissance. Le leitmotiv au cours de cette journée a été la nécessité de booster d’ici fin 2020 la création de petites et moyennes entreprises, de micro-entreprises et de start-up pour notamment inverser la tendance en matière de chômage. La rencontre autour de la thématique «Pour une Algérie nouvelle» a pour menu les travaux de 10 ateliers modérés chacun par le ministre en charge du dossier, développement agricole, développement industriel, développement minier, développement des ressources énergétiques, financement du développement, comment faciliter l’investissement, micro entreprise et start-up, développement des secteurs de soutien, maîtrise du commerce extérieur, industrie pharmaceutique, bâtiment, travaux publics et hydraulique. Dans l’atelier modéré par Abdelmadjid Attar, ministre de l’Energie, le Directeur général de l’Agence nationale des déchets a proposé que son agence accompagne la création de petites entreprises dans la valorisation des déchets et leur transformation en énergie. Le PDG du groupe public Elec El Djazaïr a présenté le projet de fabrication d’onduleurs, un composant essentiel dans une centrale photovoltaïque. Il a demandé le soutien du ministère de la Transition énergétique pour concrétiser ce projet. Le Président du Cluster énergies renouvelables a indiqué, lui, que la capacité de production de panneaux photovoltaïques est de 450 MW: 190 installée, 100 en voie de mise en service et 160 MW à mettre en service vers fin 2020. Il a ajouté que les supports des panneaux solaires (capacité de 400 MW), la câblerie électrique sont produits en Algérie. Les onduleurs sont sur le point d’être fabriqués en Algérie. Le Président du cluster laisse entendre qu’il faut compter sur les acteurs locaux pour développer l’énergie solaire. Il déplore le manque de visibilité dans le programme de développement des énergies renouvelables, souhaitant que le nouveau ministre de la Transition énergétique puisse mettre fin à cette insuffisance. Avec plus de visibilité, les opérateurs locaux investiront davantage dans la réalisation de ce programme, a-t-il argué. Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, lui, a souligné que sa compagnie a des projets pétrochimiques comme le projet d’un complexe de production d’éthylène qui va concourir à l’intégration de l’industrie nationale. Mais se pose le problème de financement.
A noter qu’une conférence virtuelle sous le thème : «Sortie de crise de la Covid 19, opportunités d’investissement dans le cadre de la restructuration de l’économie mondiale, gouvernance des affaires publiques» a été organisée hier avec comme participants Eliès Zerhouni, Belkacem Haba de la Silicon Valley, Rabah Arezki et Moub El Mouhoud. Le premier abordera la situation de l’après-Covid 19 : stratégies et tactiques de réformes, le second l’économie de la connaissance tandis que le dernier évoquera la relocalisation et chaînes de valeurs mondiales. Les trois premiers opèrent aux Etats-Unis, le quatrième en France. La journée d’aujourd’hui sera, elle, consacrée à la poursuite des travaux en ateliers, la restitution et lecture des recommandations. Elle sera clôturée par l’allocution du Premier ministre Abdelaziz Djerad. <