En attendant la date officielle du lancement de la campagne de vaccination anti-Covid, prévue en ce mois de janvier, les structures de santé, qui seront transformées en centre de vaccination, sont plus ou moins prêtes à accueillir les personnes concernées par ce premier quota de 500 000 doses de vaccin, même si le plan d’action et la population ciblée en priorité ne sont pas très clairs.

Youcef Boudjelal, secrétaire général du Syndicat national des biologistes de la santé publique (SNBSP) et spécialiste en microbiologie, confie que «la date précise du lancement de la campagne de vaccination n’est pas encore connue pour le moment. Les seuls qui pourraient avoir une idée du début de la campagne de vaccination ce seraient les membres de la commission scientifique, car dans la convention signée pour l’acquisition du vaccin russe Spoutnik V, il y a la date des délais de livraisons». Par contre, il affirme que les structures de santé sont fin prêtes d’un point de vue logistique et de ressources humaines dès l’annonce officielle du lancement de la campagne de vaccination. Il explique à ce sujet que «la campagne saisonnière de vaccination antigrippale est déjà en cours et le vaccin anti-Covid russe, qui est un vaccin de forme traditionnelle, s’inocule de la même manière. Par conséquent, le personnel de santé algérien est rodé à cette pratique et donc du point de vue de compétence humaine nous avons le personnel qualifié pour cela».
Concernant la préparation logistique de la campagne de vaccination anti-Covid, Youcef Boudjedal estime que les moyens sont disponibles tant pour le transport que pour le stockage du vaccin. Il renforce ses propos en déclarant qu’il y a déjà eu une note du ministère de la Santé aux différentes structures de santé concernées par la vaccination pour faire un état des lieux et préparer leur matériel pour la réception du vaccin, surtout le matériel de transport et de conservation. Il précise que le matériel de transport de ce vaccin consiste en des congélateurs portables nommés aussi bain de glace qui permettent de maintenir la température adéquate pour garantir le transport sécurisé du vaccin de l’Institut Pasteur d’Alger (IPA) vers les centres de vaccinations des différentes wilayas. Il précise que par rapport au vaccin Spoutnik V, c’est largement gérable par les moyens dont dispose l’Algérie puisqu’il se conserve entre 4° et 8°. A propos du matériel de stockage au niveau des structures de santé qui doivent assurer la vaccination, il rappelle qu’il y a eu une note de la tutelle pour préparer les équipements de réfrigération notamment en les vidant et leur trouver l’emplacement adéquat pour assurer les vaccinations. Face à l’appréhension de certains citoyens concernant le vaccin russe, notamment à cause des effets secondaires possibles, le spécialiste en microbiologiste nous souligne que les essais cliniques de Spoutnik V ont porté sur 40 000 volontaires et n’ont pas fait ressortir d’effets secondaires graves. Ils ont démontré qu’il avait un pouvoir de protection considérable et contre l’aggravation des symptômes de la contagion à la Covid-19 en évitant que le malade ne se retrouve en réanimation.
Il ajoute que même quand il ne s’agit pas de vaccin, une simple injection routinière à un malade peut déclencher un choc anaphylactique. C’est pour ces raisons que la campagne de vaccination se déroule dans des structures de santé où le matériel de premier secours et de réanimation est disponible dans les cas rares de risques de complication suite à une vaccination. Notre interlocuteur nous explique que lors d’une campagne de vaccination différents corps de métier sont mobilisés pour anticiper tout désagrément qui pourrait intervenir suite à la vaccination. Ces équipes sont composées de biologistes, de médecins et de paramédicaux. Estimant que «les rares possibilités de cas qui risquent de développer des effets secondaires graves sont déjà anticipés pour être rapidement pris en charge».
Interrogés sur les personnes qui seront vaccinés en priorités, le secrétaire général du Syndicat national des biologistes de la santé publique cite les déclarations des autorités qui avaient annoncé que les personnes qui seront vaccinées en premier sont le personnel de la santé, les corps constitués, en l’occurrence la Protection civile, la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale et l’Armée nationale populaire, ainsi que les personnes âgées et les malades chroniques. Il note toutefois qu’étant donné que le premier quota est constitué de 500 000 doses, «il y a une possibilité que les malades chroniques et les personnes âgées fassent partie d’une seconde vague de vaccination mais, pour le moment, on n’a pas encore de précisions sur ce sujet».

La campagne de sensibilisation en retard
Pour sa part, Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) déplore qu’à la date du 3 janvier 2021, il n’y a toujours pas de note officielle concernant les précisions de la stratégie de la campagne de vaccination anti-Covid, ni sur la campagne de sensibilisation pour inciter les gens à se faire vacciner. «Le calendrier de cette campagne de vaccination incombe à notre tutelle qui est le ministère de la Santé, malheureusement, aucune information concernant le lancement de cette campagne ne nous a été communiquée».
Il ajoute que «nous considérons que si la décision est prise officiellement par les autorités du pays à lancer la campagne de vaccination au courant de ce mois de janvier, on est très en retard par rapport à la campagne de sensibilisation».
A part une instruction envoyée aux établissements de santé pour faire l’état des lieux, des moyens de transports, de réfrigération, de la disponibilité des groupes électrogènes opérationnels, il n’y a pas encore de directives concernant le personnel de la santé qui doit être mobilisé pour cette campagne, ni la population ciblée par cette campagne. Lyess Merabet conclut que «par rapport au plan d’action, au calendrier ou au dispositif qui doivent être mis en place, on attend toujours des éclaircissements sur la campagne de vaccination anti-Covid».