Moins de dix années après sa naissance, le cyberparc de Sidi Abdellah n’est que l’ombre des objectifs qui lui avaient été assignés par l’Etat, à savoir rayonner dans le statut privilégié de pôle d’excellence de start-up et de plateforme de lancement de projets liés aux nouvelles technologies dans le secteur des TICS.

A l’instar de la ville où il a été implanté, et où des terres agricoles généreuses ont laissé place et espaces tout autant généreux à un centre urbain érigé en cité dortoir, ce parc a vite vieilli sans avoir connu l’âge adulte, ni d’ailleurs grandi. Sur bien des aspects, il a tout d’un projet étouffé dans l’œuf. Il n’y a d’ailleurs qu’à interroger les responsables de toutes ces start-up qui y ont élu domicile et ont planté les décors de leurs ambitions pour comprendre le désarroi que peut provoquer un espace carrément vide de la substance qu’il avait pour mission d’injecter à leurs projets.
Le bilan dressé par les spécialistes en la matière est loin de susciter l’optimisme, et l’offre de service proposée actuellement par ce parc reste bien en deçà des attentes de cet inépuisable potentiel de projets que compte le pays à travers les ambitions et le désir d’entrepreneuriat de ses jeunes.
Pis, le pôle tant vanté au départ n’attire pas les entreprises internationales connues et avérées dans le domaine des Ntic et reste, par conséquent, relativement isolé de tout ce savoir-faire, de compétences, et d’avancées enregistrées ailleurs dans le même domaine. Du coup, ce sont les start-up installées sur les lieux qui subissent les contrecoups d’une situation qui a tout d’une stagnation pour un monde censé aller plus vite que le temps. Elles regardent le temps passer à la vitesse des Ntic et leurs ambitions souvent vouées à l’affligeant sort du projet mort-né.
Le parc de Sidi Abdellah continuera sans doute à vivre, avec beaucoup d’apparence et de réputation, et peu de réalité. Et toutes ces entreprises qui y ont planté leurs décors et espoirs devront attendre leur heure qui est peut-être déjà passée.