Le débat, en Algérie, sur ce qui entoure le vaccin anti-Covid n’est pourtant qu’à ses débuts, mais, voilà que tout s’accélère. Aux spéculations, aux attentes, aux appréhensions, une affirmation vient surprendre plus d’un. «Le vaccin sera distribué gratuitement aux citoyens». Une phrase, lâchée hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale par Mohamed Bekkat-Berkani, dont l’impact est énorme. La gratuité annoncée par ce membre du Comité scientifique de lutte contre la Covid -19 est d’autant surprenante que la crise financière du pays, telle que présentée par les officiels et les «experts», est des plus critiques.
L’effet de surprise générale survient en même temps que le soulagement chez de nombreuses personnes, qui commençaient à se décourager devant la très critique situation sanitaire.
Devant la psychose qui prend, au fil des jours, de plus en plus d’ampleur, la gratuité annoncée du vaccin attendu aura au moins le mérite de donner de l’espoir, au moins pour les non-récalcitrants à l’appliquer. La déclaration de Mohamed Bekkat -Berkani, si elle se concrétise dans les faits, bien sûr, est également une information sur l’effort financier que va devoir faire l’Etat algérien. Sous d’autres cieux, les spéculations ont déjà commencé sur le prix d’achat des nombreux vaccins «en gestation». La course contre la montre des laboratoires américains, russes, chinois, ou encore indiens, n’est toujours pas terminée. Toutefois, les estimations des prix sont déjà avancées. La fourchette attendue variera, selon plusieurs experts proches des laboratoires qui se sont prononcés sur le sujet, entre 5 et 60 dollars pour la vaccination. Les prix diffèrent d’un laboratoire à un autre.
La gratuité annoncée, reste maintenant à connaître les modalités. Quel sera le vaccin pour lequel l’Algérie optera ? Qui seront les prioritaires ? La liste d’interrogations que suscitera le vaccin est très longue et s’allongera encore plus avec le temps. Néanmoins, il faut bien le préciser et le rappeler, il y a une inconnue dont l’impact sera déterminant, quelle sera l’attitude des Algériens devant cette nouvelle donne suscitée par la pandémie ?