La nouvelle loi sur les hydrocarbures continuera à susciter la controverse malgré les explications des experts, qui tentent de rasséréner des Algériens irrémédiablement convaincus qu’il y a anguille sous roche. Cette loi touche, en effet, un domaine qui ne laisse guère insensible l’inconscient de l’Algérien. Mais c’est surtout l’aspect politique de la question qui suscite un malaise profond. Ce n’est pas autant ce qui est niché dans les détails de cette fameuse loi qui pose véritablement problème, mais bien la conjoncture considérée comme inadéquate. La situation actuelle de vide politique au sommet de l’Etat, avec un président intérimaire et un gouvernement refusé par la contestation populaire, ne sied pas à l’évidence à l’exhumation d’une loi qui n’en finit pas d’être retardée depuis un certain temps. La question récurrente qui tourne inlassablement reste celle du pourquoi ne pas attendre le nouveau président, la légitimité populaire acquise par les urnes, et poser sur la table une loi dont on sait le côté inéluctable. Pourquoi cette précipitation à faire passer une loi dont on sait le caractère polémique, notamment en ce moment précis, où une partie des Algériens sont dans la rue refusant même le retour aux urnes sans un minimum de préalables ? Cette loi devrait à l’évidence constituer un débat intéressant durant la campagne du scrutin présidentiel. Et l’occasion pour les candidats de tenir des promesses à l’endroit des électeurs sur un dossier d’importance : la politique énergétique future. C’est justement ce thème qui devrait être au centre du débat en lieu et place d’une loi qui semble avoir eu l’acquiescement des Majors. Le passage devant l’Assemblée de cette loi devrait constituer un autre moment de grande tension. L’actuel Parlement, fragilisé par une crise politique aiguë, aura à gérer un dossier complexe concernant une loi pour le moins controversée. Ça aura, en effet, valeur de test pour des députés frappés, pour une grande partie, par les accusations d’illégitimité.