367 980 projets ont été financés par l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes depuis sa création, a annoncé hier son  directeur général, invité du Forum d’El  Moudjahid, Mourad Zemali. Cette rencontre avec les médias a été l’occasion pour le responsable de dévoiler le bilan de l’agence et de répondre à ses détracteurs. Avec un taux d’échec, estimé à 10% en 2016, le responsable a déclaré être largement satisfait en annonçant que l’Ansej est arrivée à récupérer plus de 7 milliards de dinars de recouvrement, soit 57% de la totalité des projets financés complètement remboursés en 2016. Aussi, pour limiter le nombre d’échecs dans la création d’entreprises, le directeur a annoncé que l’Ansej forme obligatoirement les jeunes promoteurs dans les domaines de comptabilité, des calculs des coûts et autres relatifs à la gestion d’une PME. Il a également annoncé, et suite aux directives du ministre des Finances, qu’un nouveau dispositif a été mis en place pour soutenir les entreprises Ansej en difficulté financière. Concernant les profils des bénéficiaires, le responsable a affirmé que 64% des jeunes porteurs de projets sont issus de la formation professionnelle, tandis que 18% sont de nouveaux diplômés. Quant à la moyenne d’âge des promoteurs, 92% sont âgés de moins de 35 ans. Aussi M. Zemali a affirmé que 65% des projets retenus sont financés à moins de 5 millions de dinars. Cependant, le responsable a déploré le faible taux de participation de femmes estimé aujourd’hui a seulement 14%. « L’Ansej a pris de nouvelles mesures pour encourager l’entreprenariat féminin. Nous avons mis en place un couloir vert pour encourager les femmes à devenir chef de projet car le taux d’échec des femmes est très bas contrairement à celui des hommes », a déclaré M. Zemali.

Pour les secteurs les plus ciblés par les promoteurs, le responsable a affirmé que celui de l’agriculture est en tête de classement avec 31% de l’ensemble des projets financés, suivi par le BTPH avec 24%. Viennent par la suite le secteur de l’industrie, avec 15%, et celui des professions libérales avec 6%. Le responsable a aussi annoncé que depuis sa création, l’Ansej a créé plus de 878 264 postes d’emploi à travers les micros entreprises. « Un chiffre largement dépassé aujourd’hui par l’extension de certaines entreprises », a souligné M. Zemali.
Par ailleurs, et avec le gel de plus de 64 métiers qui ne seront plu financés par l’Ansej, à savoir le secteur de la restauration, le transport et la transformation de déchets, le responsable a annoncé qu’elle a établi une feuille de route bien précise en harmonie avec le marché de l’emploi et les besoins économiques du pays. En plus d’encourager les projets porteurs de richesse et d’emploi, l’agence aspire à réduire les inégalités sociales et diversifier la nature des projets financés en allant vers les nouvelles technologies, à l’instar des TIC, a affirmé le Directeur général.
Par ailleurs, et en réponse au président de la commission des finances de l’APN, Bedda Mahdjoub, qui s’est attaqué au dispositif Ansej,
M. Zemali a affirmé que l’agence a coûté au Trésor public 358 milliards de dinars depuis sa création et que 26 milliards de dinars ont été récupérés. Dans ce sillage, le responsable a annoncé sa volonté d’aller vers l’autofinancement à travers le recouvrement des projets et la création d’une plateforme de services payants. «Avec le retour d’argent des promoteurs et quelques nouveautés, nous pourrons aller vers l’autonomie financière et ne plus solliciter l’argent du Trésor public», a affirmé M. Zemali. Interrogé sur les 2 000 promoteurs poursuivis en justice par l’Ansej, le responsable a indiqué qu’il s’agit de rares cas d’escroquerie dont a été victime l’agence et qu’une série de mesures ont été prises pour éviter que le même scénario se reproduise dans le futur. «L’Ansej ne fait pas de dons, il s’agit de prêts », a-t-il précisé. n