Les entreprises étrangères évoluant en Algérie sont désormais averties. Elles doivent compter avec la main-d’œuvre locale dans leurs programmes de recrutement. C’est le ministre du Travail qui a tenu à faire cette mise au point à destination des patrons étrangers, dont certains ne se gênent pas à privilégier la
« compétence » venue d’ailleurs dans leur projets en Algérie.

Cette démarche s’applique à l’ensemble des postes, quel que soit le niveau ou le grade. Et dans le cas des postes de responsabilité, le tri est quasiment systématique dans la totalité des sociétés étrangères établies en Algérie, ne laissant que de minimes chances d’aboutir aux CV des Algériens, contraints de se contenter de ce qu’on ose leur proposer.
Mais en parlant de main-d’œuvre, Mourad Zemali semble s’adresser spécialement aux entreprises engagées à travers le territoire national, dans des chantiers en besoin de ce type de profil professionnel. Plusieurs secteurs, gros consommateurs de main-d’œuvre, pourraient être cités dans ce registre, à l’exemple de l’habitat et des travaux publics, où les recrutements faits par les entreprises étrangères qui y opèrent profitent largement aux « compatriotes » qu’aux enfants du pays qui accueille et finance les projets. Et dans la majorité des cas, le recrutement est effectué au détriment de la réglementation en cours, bien claire pourtant en ce qui concerne les spécialités pouvant permettre aux étrangers d’être embauchés en Algérie. Pour justifier leur démarche sélective, les recruteurs évoquent le manque de qualification professionnelle. Ce qui est loin d’être toujours vrai, faut-il le souligner. Il reste toutefois que cette préférence manifestée pour la main-d’œuvre étrangère gagne de plus en plus les Algériens eux-mêmes. Ces derniers sont, en effet, de plus en plus nombreux à confier leurs petits projets particuliers à des ressortissants étrangers, dont notamment les Chinois et les Subsahariens. Cherchez la raison.