Par Sihem Bounabi
Trois personnes ont été sauvés par les garde-côtes, à environ 50 miles de la côte Ouest d’Alger, alors que onze autres ayant tenté la traversé clandestine en direction d’un pays européen sont portés disparus, a indiqué la cellule de communication de la Sûreté de wilaya d’Alger. La brigade de lutte contre l’émigration clandestine de la circonscription centre de la Police judiciaire a également arrêté une bande criminelle organisée, impliquée dans une affaire de traite d’êtres humains et de trafic de migrants par mer au niveau de la côte ouest d’Alger, a-t-on ajouté.
Il est précisé que cette affaire a été traitée dans «le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine par les canots de la mort», et «en coordination avec le Parquet territorialement compétent, la brigade de lutte contre l’émigration clandestine de la circonscription centre de la Police judiciaire a arrêté trois suspects âgés entre 30 et 40 ans», indique la même source.
L’opération s’est soldée, également, par la saisie de deux bateaux de pêche, deux moteurs, trois téléphones portables, une somme d’argent, une boussole et trois gilets de sauvetage. Conformément à la procédure en vigueur, une fois que l’enquête sera bouclée, les suspects seront déférés devant la Justice et poursuivis notamment pour «traite d’êtres humains et trafic de migrants et mise en danger de la vie d’autrui», souligne le communiqué.
Pour rappel, plus de 400 harraga, dont de nombreux jeunes rêvant de l’eldorado européen, ont perdu la vie en 2021 dans des tentatives désespérées de traverser la Méditerranée. Selon l’ONG Centre international pour l’identification de migrants disparus (CIPIMD), basée à Malaga, en Espagne, le nombre de migrants clandestins algériens qui périssent en mer est en hausse constante. Malgré tous ces disparus et la fin tragique de ceux qui aspirent à un meilleur avenir, le phénomène de la harga se poursuit. L’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Algérie, Thomas Eckert, avait déclaré, au mois de décembre dernier dans une interview accordée à un site électronique arabophone, que 14 000 personnes ont effectué la traversée à travers la côte Ouest de la Méditerranée, durant la période de janvier à septembre 2021 dont essentiellement des Algériens, des Marocains et des personnes venant d’Afrique subsaharienne.