Plusieurs convois de bus provenant de différentes villes du pays, à leur bord des Subsahariens, font jonction à Ghardaïa puis à Hassi Lefhel, avant de poursuivre leur route vers Tamanrasset et enfin le Niger. Certains bus transitent par Ghardaïa de nuit, alors que d’autres la traversent la journée. Ainsi rien que pour la journée d’hier, plus de 15 bus ont transité par le quartier résidentiel de Sidi Abbaz de Ghardaïa, en plein jour, à coups de stridents klaxons et sirènes, pour se rendre à Tamanrasset, dernière escale avant de traverser la frontière algéro-nigérienne.
Regroupés dans la grande salle du Palais des expositions de Bouhraoua, sur les hauteurs de la ville de Ghardaïa, ils ont eu droit à une visite médicale et des repas chauds, servis par le Croissant-Rouge algérien, avant leur transfert vers Hassi Lefhel, à 120 km au sud de Ghardaïa, où ils devaient attendre d’autres bus provenant de plusieurs endroits du pays.
En effet, de Saïda, ville de l’Ouest du pays, une Subsaharienne et ses quatre enfants ont été «réceptionnés», alors que 51 autres Subsahariens sont arrivés d’Ouargla. Encadrés de près par d’impressionnants cordons de sécurité, composés des forces de police, mais surtout de gendarmerie, de voitures du Croissant-Rouge algérien, de la Protection civile et de la direction de l’action sociale de la wilaya de Ghardaïa, ils ont pris la route de l’Extrême Sud pour être rapatriés vers leur pays et ce, après avoir observé des haltes et des moments de repos à Hassi Lefhel, puis à In Salah (à 400 km au sud d’El Menéa dans la wilaya de Ghardaïa) et, enfin, à Tamanrasset à 700 km au sud de In Salah (1 300 km de Ghardaïa et 1 900 d’Alger), avant d’être reconduits au-delà de la frontière de leur pays, le Niger. On a appris, sans toutefois avoir de confirmation, que d’autres convois, provenant de plusieurs wilayas de l’ouest du pays, dont Mascara, Tiaret et El Bayadh, les ont rejoints à Hassi Lefhel. Pour beaucoup d’observateurs, ces opérations de rapatriement ne sont pas efficaces à 100% car beaucoup de ces rapatriés reviennent au bout de quelques mois. Pour rappel, lors d’un point de presse à Ghardaïa, lors du dernier passage en été, Pascal Reytjens, représentant en Algérie de l’Organisation internationale des migrations (OIM), avait rappelé «toute la difficulté de maîtriser les flux de migrations et ce tant que des réseaux criminels de passeurs continuent à organiser des passages transfrontaliers, mais aussi et surtout tant que des politiques claires de développement au niveau des pays, sources de migrations, pour fixer ces populations en leur assurant un minimum de conditions de vie, ne sont pas mises en branle».O. Y.